Prenant ce que le sous-secrétaire d'État Nicholas Burns a qualifié de décision historique, l'OTAN a annoncé, le 9 juin, qu'elle allait organiser un pont aérien pour le déploiement des renforts de l'Union africaine (UA) dans la province du Darfour au Soudan.
M. Burns, qui se trouvait à Londres, le 6 juin, pour participer à une réunion des directeurs politiques du Groupe des Huit (G8), a déclaré aux journalistes qu'il ne s'agissait pas là d'une opération classique de l'OTAN.
« C'est en fait l'Union africaine qui a la responsabilité des opérations et qui fait le travail. Il ne s'agit pas de déployer des milliers, ni même des centaines, d'Européens et d'Américains au Soudan, mais de donner à l'Union africaine le soutien dont elle a besoin pour accomplir sa mission. »
En avril dernier, l'Union africaine a demandé un soutien logistique à l'OTAN et à l'Union européenne (EU) afin de doubler ses effectifs au Darfour, où des dizaines de millions de personnes ont péri dans un conflit qui oppose les Africains à des milices arabes. Les Nations unies affirment par ailleurs que plus de 3 millions de personnes déplacées au Darfour ont besoin d'une aide de toute urgence.
L'OTAN et l'UE vont mettre en place un pont aérien qui, d'après un communiqué de presse diffusé par l'OTAN à Bruxelles (Belgique), sera orchestré en Europe, l'UA demeurant responsable de la coordination de ses troupes déployées sur le terrain à partir de la capitale éthiopienne Addis-Abeba. L'OTAN assurera également une formation à la gestion du quartier général multinational et à l'échange de renseignements.
Le pont aérien, qui débutera le 1er juillet, aidera l'UA à porter ses effectifs au Darfour à plus de 7.000 hommes. Trois nouveaux bataillons viendront du Rwanda, deux du Sénégal et du Nigeria, et un de l'Afrique du Sud. M. Burns a ajouté que les États-Unis et le Canada s'étaient engagés, par le biais de l'OTAN, à assurer plus de la moitié du pont aérien. La France œuvrera par le truchement des programmes de l'UE pour assurer le transport aérien des forces sénégalaises.
M. Burns a affirmé que l'avènement de l'UA comme force efficace de maintien de la paix était une évolution de bon augure et que la présence renforcée de ses troupes au Soudan permettrait de mieux assurer la sécurité du personnel humanitaire au Darfour et d'appuyer la mise en œuvre de l'accord de paix signé en janvier dernier entre le Nord et le Sud du Soudan, mettant fin à 21 années de guerre civile dans ce pays.
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