Par Jacquelyn S. Porth
Rédactrice de l'USINFO
Washington - Durant sa première visite à Kaboul (Afghanistan) en qualité de ministre de la défense des États-Unis, M. Robert Gates a affirmé qu'il était important que les États-Unis et leurs alliés fassent tout ce qui était nécessaire pour maintenir les succès déjà remportés dans ce pays.
Il a notamment cité les améliorations des services médicaux, la participation accrue des femmes au gouvernement et les percées réalisées en matière de sécurité comme exemples de progrès sur lesquels il convenait de se fonder pour aller de l'avant en Afghanistan.
Les États-Unis sont engagés dans « un partenariat stratégique à long terme » avec le peuple afghan et les 26 pays membres de l'OTAN qui sont à pied d'œuvre en Afghanistan, a déclaré M. Gates lors d'une conférence de presse donnée le 16 janvier en compagnie du président Hamid Karzaï. Ces partenaires, a-t-il ajouté en évoquant les alliés de l'OTAN, « aident à reconstruire un pays et une société dont les racines remontent à l'aube de l'histoire de l'humanité ».
M. Gates s'est rendu en Afghanistan afin de s'entretenir avec de hauts responsables afghans et américains et de rencontrer les troupes déployées à l'appui de l'opération Liberté immuable. Après un entretien avec le président Karzaï et le ministre afghan de la défense, M. Abdul Rahim Wardak, M. Gates a affirmé qu'il souhaitait que les succès remportés contre les talibans ne soient pas remis en question.
Sur le plan de la sécurité, a-t-il affirmé, l'armée afghane « prend de plus en plus souvent la tête des opérations militaires ». Il a reconnu que les attaques perpétrées en Afghanistan le long de la frontière avec le Pakistan s'étaient multipliées, particulièrement dans la région du Waziristan.
Le problème de sécurité est exacerbé par les réseaux Al-Qaïda qui sévissent du côté pakistanais de la frontière, a ajouté M. Gates. « Le Pakistan est un allié extraordinairement ferme des États-Unis dans la guerre contre le terrorisme », a-t-il dit, et il va falloir, selon lui, évoquer ces questions avec le gouvernement pakistanais. « Nous allons continuer de coopérer avec les Pakistanais afin de voir s'il y a moyen de commencer à réduire la violence émanant de leur côté de la frontière. »
M. Karzaï a quant à lui affirmé que 2006 avait été marquée par une augmentation des attaques des talibans contre des cibles de la coalition. M. Gates a dit qu'il était important de prendre des mesures concertées contre les menaces émanant d'insurgés. Il a ajouté que si les responsables militaires exprimaient le besoin de troupes américaines supplémentaires dans le cadre de la Force internationale d'Assistance à la sécurité (FIAS) dirigée par l'OTAN, il n'hésiterait pas à recommander une telle mesure au président.
Cela fait cinq ans que les talibans - et les forces alliées à Al-Qaïda - ont été évincés du pouvoir en Afghanistan. Soulignant les progrès sociaux et politiques réalisés depuis, M. Gates a évoqué le nombre croissant d'Afghans qui peuvent désormais bénéficier de soins médicaux : 80 % de la population, par rapport à 8 % seulement avant l'intervention de la coalition. Il a ajouté que les Afghanes, qui n'avaient aucune liberté sous le régime des talibans, occupaient aujourd'hui 74 sièges au Parlement. Elles « rédigent des lois qui gouvernent le pays », a-t-il affirmé.
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