Par Jim Fisher-Thompson
Rédacteur de l'USINFO
Washington - Le renforcement de la coopération entre les États-Unis et 38 pays africains en matière de réformes économiques et de développement est l'objet du Sixième Forum annuel sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique subsaharienne (Forum AGOA) qui se tiendra à Accra (Ghana) les 18 et 19 juillet.
Promulguée en mai 2000 par le président Clinton, l'AGOA offre l'entrée en franchise de douane sur le marché américain à 6.000 produits africains. L'objectif de la loi est de stimuler la croissance par les exportations dans les pays africains qui libéralisent leur économie. Le président Bush a renouvelé l'AGOA en 2002 et en 2004, et 38 pays africains peuvent désormais en bénéficier.
Le Forum est une partie importante de l'AGOA, a affirmé le sous-secrétaire d'État adjoint aux affaires africaines, M. Todd Moss, » parce qu'il illustre le dialogue constant entre l'Afrique et les États-Unis visant à s'assurer que les objectifs de l'AGOA sont atteints ».
Le Ghana a été l'un des premiers pays à participer à l'AGOA, en partie du fait des réformes macroéconomiques et financières entreprises par le président de ce pays, M. John Kufuor, a indiqué M. Moss.
Le Ghana abrite aujourd'hui l'un des quatre centres d'information sur l'AGOA que l'Agence des États-Unis pour le développement international a installés en Afrique.
Le ministre américain de l'agriculture, M. Mike Johanns, devrait prononcer un discours important sur le développement du commerce agricole dans le cadre de l'AGOA. Le Forum comprendra également une réunion des ministres des finances, de l'économie et du commerce, ainsi que des sessions séparées organisées par des groupes de la société civile et des milieux d'affaires.
Selon M. Moss, l'AGOA - la première loi commerciale des États-Unis consacrée à l'Afrique subsaharienne - est la preuve que les États-Unis accordent une grande importance à l'Afrique. De ce fait, leurs relations avec ce continent n'ont jamais été aussi étroites.
Depuis la mise en œuvre de l'AGOA en 2001, les exportations africaines non pétrolières à destination des États-Unis ont augmenté en moyenne de 18,7 % par an. « C'est ce type de dynamisme économique que nous souhaitons maintenir grâce aux expériences et aux informations qui seront échangées lors du prochain Forum de l'AGOA », a dit M. Moss.
L'hôte du Forum, le Ghana, est « un partenaire particulièrement important des États-Unis, non seulement dans le domaine du commerce, mais aussi dans ceux de la paix, de la sécurité et de la gestion des affaires publiques ».
Selon le rapport 2007 du Bureau du représentant des États-Unis pour le commerce extérieur (USTR), le Ghana a exporté pour 43 millions de dollars de biens aux États-Unis en 2006 dans le cadre de l'AGOA, ce qui représente 24 % de ses exportations totales dans ce pays.
L'USTR indique dans son rapport que le Ghana a une économie de marché entravée par peu d'obstacles au commerce et aux investissements. De plus, les mesures macroéconomiques judicieuses qui y ont été mises en œuvre et l'allègement de la dette dont il a bénéficié ont entraîné une baisse de l'inflation et des taux d'intérêt, la stabilisation de la monnaie et une croissance économique réelle de 5 à 6 % par an.
L'ambassadeur du Ghana aux États-Unis, M. Kwame Bawuah-Edusei, a déclaré que, il y a cinquante ans, le Ghana avait été le premier pays africain à obtenir son indépendance des puissances coloniales. « Le Ghana, a-t-il fait remarquer, a pris la tête de l'émancipation politique en Afrique. Grâce à l'AGOA, il est en train de prendre la tête de l'émancipation économique du continent. »
« Sous la houlette du président Kufuor, nous avons changé notre façon de concevoir l'économie et la politique, ce qui a conduit à la création de conditions beaucoup plus favorables aux investissements et aux affaires. »
M. Bawuah-Edusei a ajouté que le Ghana avait entrepris tout un éventail de réformes financières et administratives, ainsi que des améliorations de l'infrastructure, afin de supprimer les obstacles sur le plan de l'offre qui avaient entravé la croissance économique. Il y a toutefois encore des obstacles à surmonter, notamment dans les domaines du stockage, des transports et des installations portuaires.
Toutefois, des faits récents, comme l'investissement de 1 milliard de dollars au Ghana par la société minière Newmont (dont le siège est à Denver), la découverte de pétrole au large des côtes et l'inauguration de vols directs entre New York et Accra par la compagnie Delta Airlines, indiquent que le Ghana est sur la bonne voie.
Les petites et moyennes entreprises dans les secteurs du textile, de la transformation de produits agricoles et de l'assistance en matière d'informatique sont également « très actives au Ghana ».
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