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2007-01-27

Le succès, en Afghanistan, exigera des efforts concertés

Par Ralph Dannheisser Correspondant de l'USINFO

Washington - Le succès, en Afghanistan, exige une stratégie internationale coordonnée qui regroupe des initiatives de nature militaire, politique et économique ainsi que des travaux de reconstruction, a déclaré la secrétaire d'État des États-Unis, Mme Condoleezza Rice, le 26 février à Bruxelles, après s'être entretenue avec les ministres des affaires étrangères de l'OTAN.

Un réengagement en Afghanistan, a-t-elle déclaré lors d'une interview à la chaîne de télévision allemande ARD, « est la mission de l'OTAN qui revêt la plus grande importance à l'heure actuelle ».

Il s'agit, a-t-elle expliqué, « de donner un nouvel élan à notre politique en Afghanistan, d'adopter une stratégie générale qui reconnaît l'importance de la contribution militaire mais aussi la nécessité de trouver des solutions aux problèmes liés à la reconstruction, au développement, à la gouvernance et à la lutte contre les stupéfiants ».

Les participants à la réunion de Bruxelles, a-t-elle souligné, « ont beaucoup parlé de l'importance qu'il y avait à remporter la victoire sur les talibans, mais aussi à s'attirer le support du peuple afghan ». Ils ont également pris de nouveaux engagements.

Pour leur part, les États-Unis se sont engagés à consacrer 10,6 milliards de dollars supplémentaires aux opérations visant la sécurité et la reconstruction en Afghanistan.

Mme Rice s'est réjouie du fait que la réunion de Bruxelles ait rassemblé des représentants des pays membres de l'OTAN, mais aussi des partenaires internationaux, notamment du Japon, de Corée du Sud, d'Australie, ainsi que des Nations unies, de la Banque mondiale et de la Commission européenne.

Lorsqu'un interlocuteur lui a demandé s'il fallait s'attendre à une offensive des talibans au printemps, elle a indiqué que cela était une possibilité.

« En prévision d'une telle éventualité, il nous faut être certains que les commandants militaires aient les ressources nécessaires », a-t-elle fait valoir.

Et d'ajouter : « Une fois que vous déblayez une zone, il vous faut être en mesure d'aider la population à se remettre sur ses pieds, une aide qui la met de votre côté (...). »

Elle s'est déclarée encouragée par la plus grande solidité du gouvernement de M. Karzaï, une solidité qui le protège contre les actions des talibans.

Interrogée à propos de la réaction du public et du Congrès au plan du président Bush portant sur un renfort des troupes en Irak, Mme Rice a fait observer : « Le public américain (...) veut que nous réussissions en Irak », et exprimé sa confiance que le public se rendrait à l'avis du commandant en chef et de ses chefs militaires en ce qui concerne la nécessité de ce renfort.

À propos de la stratégie du gouvernement en réaction au rôle que l'Iran joue en Irak, Mme Rice a expliqué que les États-Unis « ne ménageraient aucun effort » pour perturber les réseaux qui fabriquent les engins explosifs improvisés qui font beaucoup de morts parmi les soldats américains et que ce pays ne considérait pas cette stratégie comme une escalade.

« Nous ne nous livrons pas à une escalade. Nous réagissons à des activités, de la part de l'Iran, qui sont extrêmement dangereuses pour nos forces. Aucun commandant, aucun gouvernement ne resterait là sans rien faire pendant que ses forces sont attaquées de la sorte », a déclaré Mme Rice.

À la question de savoir si, conjuguée à un accroissement des effectifs militaires américains dans la région, la détermination de l'Iran à poursuivre le développement de son programme nucléaire ne rendait pas le conflit militaire encore plus imminent, Mme Rice a rassuré son interlocuteur et précisé que « la diplomatie avait encore beaucoup de travail à faire en ce qui concerne la question iranienne ».

Les sanctions imposées en décembre à l'encontre de l'Iran pourraient commencer, selon elle, à porter leurs fruits. « On commence à entendre des gens exprimer leur préoccupation à propos de l'isolement dans lequel le président iranien et son programme ont placé le pays », a-t-elle dit.

« La communauté internationale, les six grandes puissances, ont offert des mesures incitatives très attrayantes à l'Iran pour qu'il cesse ses activités d'enrichissement et de retraitement. Les États-Unis ont offert de changer la politique qu'ils suivaient depuis 27 ans et de discuter directement avec l'Iran de son programme nucléaire. Il faut cependant que ce pays respecte les exigences de la communauté internationale », a-t-elle souligné.
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