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2007-12-21

La réussite durable en Afghanistan exige des efforts soutenus de l'OTAN

Par Jacquelyn S. Porth Rédactrice de l'USINFO

Washington - Un Afghanistan stable et modéré est essentiel pour les États-Unis, pour leurs alliés au sein de l'OTAN et pour le Sud-Ouest de l'Asie. C'est pourquoi l'OTAN assure la direction de quelque 40.000 soldats provenant de 37 pays dans le cadre de la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'ONU.

Il s'agit du premier déploiement sur le terrain de forces de l'OTAN en dehors de l'Europe. Selon le secrétaire général de l'OTAN, M. Jaap de Hoop Scheffer, c'est là une des tâches les plus difficiles de son institution, qui est essentielle à la sécurité internationale.

Dans le cadre de l'opération Liberté immuable des États-Unis, 12.000 soldats américains sont actuellement en Afghanistan où ils donnent une formation aux forces afghanes de sécurité et luttent contre les talibans et les trafiquants de stupéfiants à une période où la population doit faire face à un nombre croissant d'attentats-suicides et d'attentats à la bombe sur les routes.

Les équipes civilo-militaires de reconstruction dans les provinces, qui sont composées de membres des forces américaines et de la Coalition, s'emploient à remettre en état des écoles afin de permettre la scolarisation de 5 millions d'enfants, ainsi que des hôpitaux.

Ces faits et d'autres ont donné lieu à un optimisme prudent chez de nombreux observateurs afghans, mais c'est le maintien durable de la sécurité qui est essentiel à la réussite du pays, en particulier à la suite du récent accroissement des actes de violence.

Divers organes européens d'information sont d'avis qu'il convient d'envoyer un plus grand nombre de soldats pour consolider les résultats que l'Afghanistan obtient depuis plusieurs années, après les ravages causés par les talibans. La nouvelle police nationale afghane a besoin d'une formation plus poussée et d'argent pour s'équiper.

Le Congrès des États-Unis a voté des crédits budgétaires au titre de l'aide à la sécurité et à la reconstruction en Afghanistan pour l'année budgétaire 2007. Le montant de ces crédits atteint environ 10 milliards de dollars, dont 7,4 milliards destinés à accélérer la formation et l'équipement de l'armée et de la police nationales de l'Afghanistan.

Il convient aussi d'établir une meilleure coordination entre ceux qui exercent un contrôle sur les talibans et d'avoir la volonté et l'endurance nécessaires pour poursuivre la voie actuelle en Afghanistan.

Le président Bush s'est félicité de la contribution des soldats détachés par le Royaume-Uni, le Canada, les Pays-Bas et le Danemark, ainsi que par l'Australie, qui ne fait pas partie de l'OTAN. Tous ces soldats œuvrent de concert avec les forces américaines et avec les forces afghanes pour s'opposer aux talibans. L'Australie a particulièrement souligné la nécessité que l'OTAN fasse davantage en Afghanistan.

À la recherche de solutions

D'autres pays ne peuvent pas détacher des soldats à cause de restrictions existantes, de raisons d'ordre national ou de préoccupations au sujet du rôle de leurs soldats. Le président Bush a indiqué qu'il comprenait toutes ces raisons, mais qu'il devait être possible de trouver le moyen de permettre à ces pays de contribuer à cette mission. Certains alliés pourraient exécuter des tâches telles que la surveillance de l'infrastructure essentielle ou le financement de l'amélioration technique des hélicoptères, et s'acquitter ainsi des obligations découlant de leur adhésion à l'OTAN sans contrarier leurs électeurs.

Les États-Unis, le Royaume-Uni et l'OTAN ont élaboré divers projets de propositions relatives à l'Afghanistan. Lors d'une réunion qui s'est tenue en Écosse, des pays qui participent à la mission en Afghanistan sont convenus de préconiser un plan intégré qui fixe des objectifs pour une période de trois à cinq ans et des critères d'évaluation des progrès. Ce plan devrait être soumis aux participants à la réunion au sommet de l'OTAN qui doit se tenir en avril en Roumanie.

Selon le ministre américain de la défense, M. Robert Gates, la mission de l'OTAN en Afghanistan a révélé des difficultés liées à l'interopérabilité, à l'organisation et à la pénurie de matériels.

Au retour de la visite qu'il avait faite à Kaboul en décembre et de ses entretiens avec des représentants des alliés européens dont les soldats se trouvent dans le sud de l'Afghanistan, M. Gates a déclaré au Congrès que l'OTAN devait « s'adapter pour faire face aux difficultés liées à l'exécution d'opérations dans des lieux éloignés ».

Il est nécessaire, a-t-il dit, d'améliorer la coordination de l'aide à l'Afghanistan, qu'il s'agisse de la sécurité, du développement économique ou de la reconstruction. La promotion de la bonne gouvernance et d'institutions civiques viables sont aussi essentielles à la démocratisation de ce pays.

De son côté, la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, a souligné lors de sa visite au siège de l'OTAN en décembre qu'il était nécessaire de partager les charges de façon égale entre les membres de cette institution et de prêter une attention égale aux opérations militaires et aux tâches civiles.

La survie de l'Afghanistan exige selon certains que l'on mette fin à la pénurie d'aéronefs et de personnel et que l'on envoie quelque 3.000 formateurs supplémentaires dans ce pays. « J'ai exhorté nos alliés à détacher un plus grand nombre de soldats et à fournir des ressources supplémentaires pour les opérations militaires, ainsi qu'à supprimer les restrictions touchant les soldats qu'ils ont déjà envoyés », a dit M. Gates.

Le ministre britannique de la défense, Des Browne, a déclaré pour sa part que l'on ne pouvait pas assurer la réussite en Afghanistan sans un nouvel effort concerté.

Il s'agit de faire pression sur l'OTAN pour qu'elle s'acquitte de cette tâche, car, comme M. Gates l'a dit, les progrès en Afghanistan « sont réels, mais fragiles ».

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