Embassy Seal US Department of State
flag graphic
    Article detail
2005-10-21

Des parlementaires préconisent l'élargissement de la portée de l'AGOA

Par Charles Corey Rédacteur du « Washington File »

Washington - Bien que la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) ait contribué à stimuler la croissance économique en Afrique subsaharienne en ouvrant le marché américain aux exportations africaines, il reste encore beaucoup à faire pour élargir la portée de cette loi, notamment en ce qui concerne les petites entreprises.

C'est du moins l'opinion que trois parlementaires, le président et le vice-président républicains de la sous-commission des affaires africaines de la Chambre des représentants, MM. Chris Smith et Ed Royce, et un membre démocrate éminent de cette commission, M. Donald Payne, ont exprimée le 20 octobre, lors d'une séance de travail consacrée aux résultats de l'AGOA cinq ans après son adoption.

Depuis sa promulgation en mai 2000, a indiqué M. Smith, la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique a permis d'accroître les échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique (leur montant a atteint plus de 35 milliards de dollars l'an dernier) et a suscité un grand intérêt des deux côtés de l'Atlantique au niveau des entreprises.

M. Smith a déclaré que l'AGOA constituait probablement la mesure la plus importante que les États-Unis aient jamais prise en faveur de l'Afrique subsaharienne, mais qu'il était regrettable que les petites et moyennes entreprises profitent peu des avantages de cette loi et que quelque 80 % des exportations africaines aux États-Unis se composent uniquement d'hydrocarbures et de minerais.

Malgré la promulgation par le président Bush de la loi sur l'accélération de l'AGOA en juillet 2004 et l'affectation de 181 millions de dollars en 2004 au renforcement des capacités dans le domaine commercial, les petites et moyennes entreprises tant africaines qu'américaines n'ont pas pu tirer parti des avantages de l'AGOA comme on l'avait espéré.

Un nombre relativement petit des quelque 6.500 produits qui peuvent être importés en franchise de douane sont exportés et importés par des petites et moyennes entreprises africaines et américaines, alors que les agriculteurs africains pourraient exporter en franchise de douane des centaines de produits agricoles aux États-Unis.

L'AGOA, a fait remarquer M. Smith, a donné des résultats concrets grâce au soutien diligent du gouvernement Bush et de nombreux parlementaires, mais un grand nombre des objectifs fixés ne sont pas encore réalisés, et il est temps, au bout de cinq ans, d'apporter des modifications à l'AGOA pour améliorer ses résultats.

Pour sa part, M. Payne a souligné qu'il convenait d'élargir la portée de la loi, de favoriser les activités dans une multitude de domaines économiques et de veiller à ce que la loi ait des effets réels et mesurables sur l'économie des pays subsahariens et sur le bien-être de leur population.

Citant des statistiques du ministère du commerce des États-Unis, il a indiqué que, dans le cadre des échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne, seul un petit nombre des pays africains exportaient aux États-Unis et importaient des produits américains. Il est donc nécessaire d'augmenter le nombre de pays africains qui profitent de l'AGOA, a-t-il dit en faisant remarquer que 81,4 % des importations africaines des États-Unis, pour la plupart dans le secteur énergétique, provenaient du Nigeria, de l'Afrique du Sud, de l'Angola et du Gabon.

Divers dirigeants africains ont indiqué qu'ils étaient favorables à l'élargissement de la portée de l'AGOA, a-t-il précisé en préconisant de faire porter cette loi davantage sur le secteur agricole, étant donné que le gagne-pain de près de 80 % des habitants des pays subsahariens dépendait de ce secteur. L'accroissement des investissements dans le secteur agricole africain ainsi que celui des avantages offerts à ce secteur dans le cadre de l'AGOA seraient le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté et la faim chronique.

Selon M. Payne, les subventions agricoles des pays industriels constituent le plus grand obstacle à l'accroissement des exportations agricoles de l'Afrique. « Les États-Unis, l'Union européenne et le Japon réunis consacrent plus de 360 millions de dollars par an aux subventions dont bénéficient leurs agriculteurs, soit près de 1 milliard de dollars par jour », a-t-il dit en se prononçant en faveur de la suppression de ces subventions.

Pour sa part, le vice-président de la sous-commission des affaires africaines, M. Ed Royce, qui est l'un des rédacteurs de l'AGOA, a déclaré que cette loi constituait l'une des initiatives de la politique africaine des États-Unis les plus fructueuses. Il a indiqué que, depuis sa promulgation il y a cinq ans, il avait observé, au cours de ses nombreux voyages en Afrique, la réussite d'une multitude d'entreprises africaines et la création de nombreux emplois.

« Comme tous ceux qui connaissent bien l'Afrique le savent, un emploi dans le secteur structuré fait vivre une famille élargie. Les emplois dans le secteur structuré créent aussi de nombreux emplois dans le secteur non structuré. Bref, l'AGOA profite à des millions d'Africains. Sans elle, il y aurait beaucoup moins d'emplois dans plusieurs pays africains très pauvres. Ces emplois, en particulier dans le secteur de l'habillement, seraient en Chine et dans d'autres pays. »

En encourageant les réformes économiques et politiques, réformes que plusieurs pays africains ont entreprises, l'AGOA aide aussi les entreprises américaines, a fait remarquer M. Royce. Les exportations des États-Unis en Afrique subsaharienne ont augmenté de 25 % en 2004 par rapport à 2003 ; elles portent sur des produits agricoles, du matériel d'équipement et du matériel de transport. « L'accroissement des échanges a pour effet d'accélérer la croissance économique en Afrique, ce qui contribue à la modernisation de l'infrastructure et à l'amélioration des services dans les domaines de la santé et de l'enseignement. »

Par ailleurs, a-t-il dit, « l'AGOA a stimulé de nombreux Africains. Elle a montré que l'Afrique, connue surtout pour ses exportations de matières premières, pouvait jouer un rôle dans le secteur très concurrentiel de l'habillement au niveau mondial et dans certaines branches de l'industrie légère. Ce n'est pas insignifiant vu l'intensité de la concurrence mondiale, en particulier celle de la Chine. »

M. Royce a fait remarquer que l'AGOA avait suscité un nouveau dialogue en matière de commerce entre les États-Unis et l'Afrique, sous forme notamment de forums annuels, qui vise à mieux intégrer l'Afrique à l'économie mondiale.

« Encouragés par l'AGOA, a-t-il dit, de nombreux pays africains jouent maintenant un rôle actif dans les négociations commerciales mondiales. Certains n'apprécient guère la nouvelle confiance en soi des pays africains alors qu'ils s'opposent à juste titre aux subventions que nous accordons à nos producteurs de coton. Un grand nombre d'entre nous estime cependant que les nouveaux moyens d'action de l'Afrique en matière de commerce constituent un fait très positif, dû en grande partie à l'AGOA. »

Pour ce qui est de l'avenir, M. Royce s'est déclaré favorable au renforcement de l'AGOA.

Promulguée le 18 mai 2000, la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique offre des avantages concrets aux pays africains désireux de libéraliser leur économie et d'adopter l'économie de marché. La loi de 2000 a déjà été modifiée à deux reprises.

Embassy of the United States