Par David McKeeby
Rédacteur
Washington - Les États-Unis comptent œuvrer de concert avec le Kosovo en vue de faciliter son passage à l'indépendance et exhortent les dirigeants de Pristina à mettre en œuvre dans son intégralité le plan préparé par l'envoyé spécial de l'ONU, M. Martti Ahtisaari, a déclaré le président Bush le 19 février en Tanzanie, où il était en visite officielle.
« Dans sa proclamation d'indépendance, a-t-il dit, le Kosovo s'est engagé à respecter les grands principes de la démocratie, dont la liberté, la tolérance et la justice pour tous les citoyens quelle que soit leur origine ethnique. Ce sont là des principes qui honorent la dignité humanité, des valeurs que les États-Unis recherchent chez un ami. »
Le Kosovo a proclamé son indépendance le 17 février, après un période de moins de dix ans pendant laquelle il était sous la tutelle de l'ONU. En effet, l'OTAN était intervenue en 1999 pour mettre fin à la violence dans cette province alors serbe dont 90 % des habitants sont d'origine albanaise.
Dans les vingt-quatre heures qui sont suivi la proclamation de son indépendance, les États-Unis, de nombreux États membres de l'Union européenne ainsi que l'Afghanistan, l'Australie et la Turquie ont reconnu le Kosovo.
Le secrétaire général de l'Organisation de la conférence islamique, qui compte 58 États membres, a fait une déclaration en faveur de l'indépendance du Kosovo, lors d'une réunion qui se tenait à Dakar (Sénégal).
Selon l'envoyé spécial des États-Unis au Kosovo, M. Frank Wisner, il s'agit là « d'une issue juste, d'une issue qui règle les frontières politiques de l'Europe du Sud-Est après la catastrophe terrible de la Yougoslavie ». L'indépendance du Kosovo va permettre à ce pays de tirer parti de ses possibilités, a-t-il dit lors d'une interview qu'il a accordée le 18 février.
Pour sa part, le sous-secrétaire d'État aux affaires politiques, M. Nicholas Burns, a déclaré le 18 février que l'indépendance du Kosovo représentait le point culminant de près d'une dizaine d'années de démarches diplomatiques des États-Unis visant à y encourager la paix et la justice. « C'est là, a-t-il dit, une bonne décision à notre avis et c'est la bonne décision si la communauté internationale veut réduire les risques de violence à l'avenir. »
En 2005, M. Kofi Annan, qui était alors secrétaire général de l'ONU, avait nommé M. Ahtisaari, ancien président de la Finlande, en tant qu'envoyé spécial chargé de faciliter en 2006 les négociations entre les Serbes et les Kosovars relatives au statut définitif du Kosovo, conformément à la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui avait mis fin au conflit dans cette province de la Serbie.
En avril 2007, M. Ahtisaari avait soumis un projet de règlement du statut du Kosovo prévoyant son indépendance à la suite d'une période de supervision internationale pendant laquelle il continuerait à mettre en place de solides institutions politiques.
La supervision internationale, sous la direction de responsables de l'Union européenne et avec le soutien d'environ 17.000 soldats de l'OTAN, se poursuit.
Il est tout aussi important, selon M. Burns, que les dirigeants kosovars prennent rapidement des mesures afin de protéger les Serbes et les membres d'autres minorités habitant au Kosovo. Ceux-ci, a-t-il dit, « ont le droit de rester au Kosovo, d'être des citoyens du Kosovo et de vivre en paix. Le plan de M. Ahtisaari exige que le nouveau gouvernement mette en place le cadre juridique et réglementaire nécessaire pour protéger les droits des minorités. »
Les soldats de l'OTAN vont jouer un rôle important pour protéger les sites culturels de la minorité serbe et des autres minorités si cela se révèle nécessaire. « Nous prenons très au sérieux cette obligation », a dit M. Burns.
Après avoir reconnu qu'un grand allié de la Serbie, la Russie, avait déclaré son opposition à l'indépendance du Kosovo, le président Bush a fait état de la coordination étroite qui avait eu lieu entre Washington, Moscou et le siège de l'OTAN à Bruxelles et qui continuerait d'être importante pour assurer à l'avenir la sécurité dans les Balkans.
« Les États-Unis, a-t-il indiqué, sont en faveur de cette décision parce que nous estimons qu'elle apportera la paix. Il nous incombe maintenant à nous tous d'œuvrer de concert pour aider les Kosovars à réaliser cette paix. »
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