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2007-02-11

L'Afghanistan représente un défi stratégique pour l'OTAN

Par Howard Cincotta Correspondant spécial de l'USINFO

Washington - Le ministre américain de la défense, M. Robert Gates, estime que l'Afghanistan représente un défi militaire et politique pour l'OTAN. Il a incité les membres de l'Alliance à tenir leurs engagements vis-à-vis de la Force internationale d'assistance à la sécurité qui agit dans ce pays sous mandat de l'ONU.

Lors du discours qu'il a prononcé le 11 février, devant les délégués à la 43e Conférence sur la politique sécuritaire à Munich (Allemagne), M. Gates a déclaré que l'Afghanistan avait forcé l'OTAN à s'aventurer hors de la zone qui lui était familière durant la guerre froide pour faire face à des menaces nouvelles et souvent mondiales.

Les défis stratégiques

M. Gates a expliqué que les menaces auxquelles l'OTAN et ses alliés devaient faire face se composaient de trois éléments liés entre eux :

- la violence confessionnelle et les mouvements en faveur de la guerre sainte émanant du Moyen-Orient,

- l'Iran, avec ses ambitions d'hégémonie régionale et d'armement nucléaire,

- la lutte pour l'avenir de l'Irak, avec ses conséquences énormes pour le Moyen-Orient et l'ensemble de la communauté internationale.

« Le talent maléfique des extrémistes d'aujourd'hui consiste à allier les nouvelles techniques avec les haines anciennes », a dit M. Gates. Selon lui, cette menace ne fait que souligner la nécessité de réorienter l'Alliance atlantique afin de lui permettre d'exporter la sécurité au-delà des frontières des Etats membres de l'OTAN.

Qualifiant cette dernière de « l'Alliance la plus puissante de l'histoire du monde », M. Gates a appelé ses membres à tenir leur engagement de consacrer 2 % de leur produit intérieur brut à la défense.

L'Alliance, a-t-il dit, est le « bouclier derrière lequel les idées et les valeurs que nous partageons se répandent à travers le monde. En clair, il est essentiel de tenir nos engagements les uns envers les autres et envers ceux que nous tentons d'aider, des Balkans à l'Afghanistan, du point de vue de notre succès comme du leur. »

Répondant indirectement aux propos du président de la Russie, M. Vladimir Poutine, qui, la veille, avait critiqué la politique étrangère des États-Unis, M. Gates a déclaré que le monde d'aujourd'hui était plus complexe qu'à l'époque de la guerre froide et que ses problèmes devaient se régler par la coopération avec d'autres pays, y compris la Russie.

L'Afghanistan

Le 9 février, s'adressant à une réunion des ministres de la défense de l'OTAN qui se tenait à Séville (Espagne), M. Gates avait confirmé la décision de prolonger de 120 jours le déploiement d'une brigade américaine de combat en Afghanistan. Cette mesure s'ajoute à un engagement financier de 8,6 milliards de dollars pour les forces afghanes de défense et de 2 milliards de dollars au titre du développement.

Tout en qualifiant le premier déploiement de l'OTAN en dehors de l'Europe d'« extraordinaire », M. Gates avait exhorté les membres de l'Alliance à fournir des troupes et des ressources supplémentaires afin que la Force internationale d'assistance à la sécurité puisse mener des opérations offensives contre les insurgés talibans au printemps.

Dans le discours qu'il a prononcé à Munich, M. Gates a déclaré : « Si nous prenons les mesures nécessaires maintenant, nous pourrons prendre l'initiative de l'attaque au printemps en Afghanistan et frapper fort l'ennemi d'un gouvernement issu des élections et soutenu par la grande majorité des Afghans. »

Pour sa part, le commandant suprême des forces de l'OTAN, le général Bantz Craddock, a indiqué qu'il était rassuré par ses récentes discussions avec des responsables pakistanais au sujet de la nécessité de mieux surveiller les frontières avec l'Afghanistan.

Il a ajouté que la communauté internationale pourrait creuser un fossé entre la population et les talibans en fournissant des emplois, des écoles, des hôpitaux et autres services sociaux.

Le 9 février, par exemple, une équipe américano-afghane de reconstruction a achevé le pont de Gogomanda sur la route qui relie Kaboul à des milliers de villageois qui avaient été coupés de la capitale par la rivière.

L'Irak et l'Iran

Lors de la conférence de Séville, M. Gates a confirmé que les forces de la coalition avaient capturé des Iraniens impliqués dans la livraison d'engins explosifs improvisés en Irak.

M. Gates a toutefois réaffirmé que les États-Unis n'avaient aucune intention d'attaquer l'Iran et qu'ils comptaient sur la diplomatie internationale et sur la dissuasion pour régler le dossier des activités nucléaires de l'Iran et les tentatives de ce pays d'attiser la violence confessionnelle dans la région.

Il a souligné que le déploiement d'un second porte-avions dans le golfe Persique visait à « rassurer nos alliés et à signaler que nous sommes dans le golfe Persique depuis des décennies et que nous avons l'intention d'y rester ».

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