Washington - Le nouveau commandement militaire régional des États-Unis pour l'Afrique est une organisation diplomatique, économique et de défense intégrée, destinée à promouvoir les efforts que déploient les États-Unis en faveur de la sécurité et de la prospérité en Afrique, ont affirmé de hauts responsables.
À la différence des commandements militaires classiques, le Commandement pour l'Afrique, baptisé Africom, ayant son quartier général à Stuttgart en Allemagne, vise à fournir un appui aux Africains alors qu'ils continuent à bâtir des institutions démocratiques et à assurer une bonne gouvernance. L'Africom axera son action sur le maintien de la paix, la sécurité, la lutte contre le terrorisme, l'aide humanitaire et les secours en cas de catastrophe, selon ces responsables.
Le commandant en chef de l'Africom, le général William Ward, a déclaré que ce nouveau commandement allait aider les États africains à mieux assurer leur sécurité grâce au renforcement des programmes américains et internationaux existants.
Mais il a précisé, ainsi que d'autres responsables, que les objectifs stratégiques de l'Africom dépassaient le cadre des affaires militaires.
Mme Linda Thomas-Greenfield, première sous-secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, a dit que les États-Unis espéraient que leur appui en matière de réforme de la défense et de renforcement des capacités militaires aiderait les États africains non seulement à gérer les conflits et à minimiser les actes de violence des extrémistes, mais aussi à mettre en place les conditions nécessaires à la poursuite de leur croissance économique.
Mme Thomas-Greenfield a fait cette déclaration lors d'une conférence tenue les 9 et 10 octobre sur les investissements dans l'infrastructure en Afrique. Ses participants du secteur privé ont considéré la stabilité comme la condition préalable cruciale à des investissements dans les télécommunications, les transports, la production d'électricité et d'autres projets d'infrastructure.
C'est l'état sous-développé et délabré de l'infrastructure qui entrave les initiatives prises par de nombreux pays africains en vue de soutenir leur croissance économique et de s'intégrer plus pleinement dans le commerce international.
Selon Mme Thomas-Greenfield, seuls les marchés de capitaux privés ont les moyens de combler le fossé entre les sommes nécessaires pour financer de coûteux projets d'infrastructure et les ressources insuffisantes dont disposent la plupart des gouvernements africains.
En dépit des améliorations significatives apportées à l'environnement sécuritaire et au climat des affaires en Afrique, beaucoup d'investisseurs américains jugent les projets d'infrastructure à long terme trop risqués dans ce continent qui manque encore, à leurs yeux, de stabilité.
Mme Thomas-Greenfield a dit que la création de l'Africom découlait de la constatation que l'Afrique méritait une attention spéciale de la part des États-Unis, et qu'elle contribuerait à renforcer la confiance du secteur privé américain dans ce continent.
La sécurité et la stabilité permettent non seulement de maintenir l'infrastructure existante, mais aussi de créer un climat favorable à l'expansion du secteur privé. « La création de ce nouveau commandement va faire une différence », a déclaré Mme Thomas-Greenfield.
Un autre participant, le général à la retraite Anthony Zinni, a déclaré que le succès initial de l'Africom serait essentiel pour gagner la confiance des partenaires africains. Combiné à des consultations et au développement de relations avec les principaux dirigeants et groupes concernés, ces succès pourront contribuer à surmonter le scepticisme et les doutes des Africains au sujet de la mission de l'Africom. M. Zinni est le vice-président exécutif de DynCorp International, une société qui fournit des appuis aux opérations militaires et civiles des gouvernements.
En septembre dernier, le général Ward a déclaré devant une commission sénatoriale que l'Africom étudierait minutieusement « ce que veulent de nous nos partenaires afin de les aider à se développer pour répondre à leurs propres besoins ».
L'Africom comprendra du personnel d'agences fédérales civiles des États-Unis, principalement le département d'État et l'Agence des États-Unis pour le développement international. L'un des deux adjoints de l'Africom sera Mary Carlin Yates, une haute responsable du département d'État qui a été ambassadrice auprès du Ghana.
M. Zinni a qualifié l'Africom de chance unique et de noble expérience. Si elle est couronnée de succès, cette expérience pourra servir de nouveau modèle d'engagement des États-Unis dans le monde, engagement reposant sur la combinaison de divers aspect de leur politique.
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