Par David McKeeby
Rédacteur
Washington - Alors que, au Kénya, on est toujours dans l'impasse et que la violence menace de reprendre, les États-Unis se joignent à la communauté internationale et aux Kényans afin d'exhorter le président Mwaï Kibaki et son adversaire politique Raïla Odinga à tenir leur promesse de conclure un accord de partage du pouvoir.
« Je suis déçue du manque de volonté nécessaire au règlement des questions en suspens », a déclaré la secrétaire d'État Condoleezza Rice, le 26 février. « Il n'y a plus d'excuse pour atermoyer. La violence est inexcusable, et ceux qui s'y livrent doivent rendre des comptes. »
Plus de mille Kényans ont en effet été tués dans la violence qui a suivi l'élection contestée de décembre 2007, et l'ancien secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, sert de médiateur entre les parties depuis plus d'un mois.
Mme Rice a fait cette déclaration dans la foulée de l'annonce par M. Annan, le même jour, de sa décision de suspendre les pourparlers entre le gouvernement et les représentants de l'opposition pour favoriser le dialogue direct entre MM. Kibaki et Odinga dans l'espoir de progresser et d'éviter le retour de la violence.
« Il est important que les principaux intéressés prennent leurs responsabilités », a déclaré M. Annan à Nairobi (Kénya). « Il ne s'agit pas de l'avenir de partis politiques ou d'individus, mais de celui du Kénya et de la région. »
Pendant qu'elle était en tournée en Afrique avec le président Bush, Mme Rice s'est arrêtée au Kénya le 18 février afin de s'entretenir avec M. Annan et les deux dirigeants kényans, les exhortant à trouver un compromis politique dont les Kényans ont désespérément besoin pour reconstruire, se réconcilier et mener à bien les réformes institutionnelles.
« Je tiens à souligner que l'avenir de nos relations avec les deux parties, ainsi que leur légitimité, dépendront de leur coopération en vue d'une solution politique », a affirmé Mme Rice.
« Nous tirerons nos propres conclusions sur ceux qui sont responsables de l'absence de progrès et prendrons les mesures nécessaires. Nous userons également de notre influence au sein des Nations unies, de l'Union africaine et de l'Union européenne, entre autres, pour faire en sorte que la solution politique que mérite le peuple kényan soit trouvée. » |