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2004-11-22

L'intérêt que porte M. Bush au Soudan appuie le processus de paix

Par Jim Fisher-Thompson Rédacteur du "Washington File"

Washington - De l'avis de l'ancien secrétaire d'Etat adjoint chargé des affaires africaines, M. Chester Crocker, si une solution est sur le point de se dégager au sujet de la guerre civile au Soudan qui dure depuis vingt ans et qui a fait deux millions de victimes, c'est en partie parce que le gouvernement Bush a placé cette crise en bonne place à son ordre du jour en matière de politique étrangère.

Le 19 novembre, M. Crocker participait à une conférence parrainée par l'Institut américain de la paix (U.S. Institute of Peace, USIP) au cours de laquelle les participants se sont penchés sur les choix politiques à la crise au Soudan. Président du conseil d'administration de l'USIP pendant dix ans, M. Crocker est aujourd'hui professeur à l'Ecole du service diplomatique de l'université Georgetown à Washington.

Le même jour, le gouvernement soudanais signait un accord à Nairobi (Kenya) avec le Mouvement/Armée de libération du peuple du Soudan (SPLM/A) engageant les deux côtés à parvenir à un accord final de paix d'ici au 31 décembre. Les pourparlers de paix se poursuivent à Naïvasha (Kenya) depuis deux ans.

"L'évocation de la situation au Soudan bénéficie aujourd'hui d'un climat particulier (...) Aucun gouvernement américain antérieur n'a accordé autant d'importance au Soudan que le gouvernement de M. Bush", a souligné M. Crocker au groupe de spécialistes de l'USIP, qui comprenait M. Francis Deng de l'Institution Brookings et M. Richard Williamson, ancien ambassadeur des Etats-Unis auprès de la Commission des droits de l'homme de l'ONU.

La Maison-Blanche s'intéresse aussi vivement à la question du Soudan, a-t-il indiqué, faisant valoir que le président Bush s'était récemment entretenu par téléphone avec le président Bashir et aussi avec M. John Garang.

Ce niveau d'attention de la part de la Maison-Blanche à une question spécifique complique parfois la tâche de ceux qui sont responsables de la politique étrangère, a fait remarquer M. Crocker, précisant que personnellement, dans les années 1980, il avait œuvré à l'application de la politique controversée "d'engagement constructif" du président Reagan à l'égard de l'Afrique du Sud, alors sous un régime d'apartheid. De nombreux Américains s'opposaient à cette politique, y compris la majorité des parlementaires qui étaient d'avis que des sanctions économiques et un désengagement officiel auraient davantage de poids sur l'Afrique du Sud et pousseraient ce pays à mettre fin à sa politique reposant sur la séparation raciale et le déni des droits à la population noire.

M. Crocker a fait part de son optimisme à propos de la possibilité d'un accord final entre le nord et le sud du Soudan avant le 31 décembre, rappelant : "Les deux camps ont signé un accord les engageant à appliquer les protocoles signés à Naïvasha et à mettre en place un cessez-le-feu général d'ici au 31 décembre. Cela a tout l'air d'un engagement assez sérieux."

Selon lui, les principaux chefs de file soudanais admettent désormais qu'il est dans leur intérêt de prendre des décisions et que toute velléité de manœuvre de la part d'un camp afin de se donner bonne figure est maintenant vouée à l'échec.

Touchant à la polémique entourant la situation au Darfour, qu'aussi bien les Etats-Unis et les Nations unies ont qualifiée de génocide, M. Crocker a dit : "Le Soudan suscite de vives passions (...) La passion, c'est une bonne chose, mais lorsqu'elle est reliée au cerveau, c'est encore mieux.

"Ce qu'il faut, c'est arrêter la tuerie, mais pour ce faire, il faut instituer la paix. Pour parvenir à la paix, il faut s'appuyer sur la solide fondation qui existe au niveau nord-sud et s'en servir de moyen de pression pour que la paix se généralise", a-t-il déclaré.
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