Darfour : le gouvernement et les rebelles soudanais détiennent la clé de la paix
À Abuja, le secrétaire d'État adjoint, M. Robert Zoellick, se fait le porte-parole de la paix au Soudan
Par Charles Corey
Washington File Staff Writer
Washington - Ce sont le gouvernement du Soudan et les chefs rebelles qui détiennent la clé d'une solution à la crise qui règne au Darfour, a fait valoir le 3 mai le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, à l'occasion d'un exposé à la presse.
Avec l'aide du secrétaire d'État adjoint, M. Robert Zoellick, les États-Unis, a expliqué M. McCormack, œuvrent avec d'autres pays afin que les parties impliquées dans le conflit parviennent à un accord dans le cadre des négociations de paix sur le Darfour qui ont lieu actuellement à Abuja (Nigeria).
Les parties aux pourparlers semblent souhaiter un accord et il s'agit maintenant, a souligné M. McCormack, de concrétiser ce souhait.
Depuis son arrivée à Abuja, M. Zoellick s'est entretenu avec la délégation soudanaise, avec les médiateurs de l'Union africaine et avec le président nigérian, M. Olusegun Obasanjo, qui est profondément engagé dans ces négociations. Il pourrait également avoir des entretiens avec M. Alpha Oumar Konare, président de la Commission de l'Union africaine et ancien président du Mali.
Par ailleurs, a indiqué M. McCormack, plusieurs chefs d'État africains étaient attendus à Abuja. « Au niveau international, l'intérêt est vif pour qu'une pression soit exercée sur les parties et qu'elles parviennent à un accord », a-t-il souligné.
Interrogé à propos de la portée de la pression internationale actuellement exercée sur les participants aux négociations d'Abuja, le porte-parole a dit qu'elle les encourageait à se concentrer sur ces négociations.
« Nous formons l'espoir que le fait que la communauté internationale soit représentée, notamment par M. Zoellick, le secrétaire d'État adjoint, et par des représentants de l'Union africaine, aura un effet positif. Il ne s'agit pas de pression dans un sens négatif, mais dans un sens positif qui devrait favoriser un rapprochement de vues des participants, la présentation de recommandations, la réalisation d'un accord. Mais, au bout du compte, c'est aux participants qu'il appartient d'élaborer un accord », a-t-il expliqué.
Lorsqu'on lui a demandé si un envoyé spécial pour le Soudan devait être nommé, ainsi que l'ont recommandé certains parlementaires, le porte-parole a rappelé que le gouvernement des États-Unis avait déjà eu un tel envoyé spécial par le passé.
« A l'heure actuelle, M. Zoellick est en vérité celui qui est chargé du sujet au plan diplomatique. Il est profondément engagé », a-t-il fait valoir.
Il a ajouté que le secrétaire d'État adjoint travaillait avec un vaste éventail de hauts responsables et que le président Bush s'intéressait de près à la question du Soudan.
Le président Bush considère toujours le Darfour comme une haute priorité, et à l'occasion d'un point de presse, le 3 mai, le porte-parole de la Maison-Blanche, M. Scott McClellan a dit aux journalistes que M. Bush était très préoccupé par la détérioration au Darfour et les souffrances de la population.
Le président Bush, a-t-il indiqué, s'est entretenu récemment par téléphone avec le président Bashir et l'a exhorté à accepter le remplacement de la mission de l'Union africaine au Darfour par une mission de maintien de la paix des Nations unies, à accepter également un rôle d'appui de la part de l'OTAN et à faire de nouveau participer le vice-président Taha aux négociations de paix d'Abuja de façon à finaliser un accord.
Au sujet des négociations d'Abuja, Mme Condoleezza Rice a dit le 3 mai, à l'occasion d'une conférence de presse à laquelle participait le ministre des affaires étrangères du Japon, en visite à Washington : « J'espère que les parties saisiront cette occasion pour obtenir un accord de paix et poser le fondement qui permettra à la violence de cesser pour que le peuple du Darfour puisse être en sécurité et vivre en paix. »
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