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2007-04-24

L'Africom aidera les dirigeants des pays africains

Par Vince Crawley Rédacteur de l'USINFO

Washington - Le nouveau centre de commandement de l'armée des États-Unis pour l'Afrique, l'Africa Command ou Africom, ne comprendra pas un grand nombre de soldats, mais aura pour mission de promouvoir la sécurité et la stabilité en Afrique tout en coordonnant le soutien des États-Unis aux dirigeants des pays africains.

Un haut responsable du ministère de la défense, M. Ryan Henry, a déclaré à la presse, le 23 avril, que le rôle de l'Africom serait de soutenir les efforts des dirigeants africains. « Nous chercherons à appuyer les efforts actuellement en cours plutôt qu'à leur faire concurrence », a-t-il dit.

C'est en février que le président Bush a annoncé que le ministère de la défense allait créer un centre de commandement pour l'Afrique en vue de coordonner l'action des États-Unis dans ce continent. Des centres de commandement semblables existent dans plusieurs autres parties du monde. L'Africom portera sur tous les pays du continent africain à l'exception de l'Égypte, qui fait partie du centre de commandement central des États-Unis.

Du 15 au 21 avril, M. Henry et des membres du département d'État et du ministère de la défense se sont rendus dans six pays (l'Afrique du Sud, l'Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Nigeria et le Sénégal) ainsi qu'au siège de l'Union africaine à Addis-Abéba pour s'entretenir de ce nouveau commandement avec les dirigeants de ces pays et de cette organisation. Ils ont également dissipé des fausses idées relatives à ce nouveau centre.

Les États-Unis comptent établir le siège de l'Africom en Afrique, mais M. Henry a fait remarquer que son équipe n'en était encore qu'au stade des travaux préparatoires et que le siège ne serait pas nécessairement situé dans l'un des six pays où il venait de se rendre. Le personnel qui sera affecté à l'Africom et qui devrait comprendre un millier de personnes, sera peut-être réparti entre plusieurs pays, et certains de ses membres ne seront peut-être pas envoyés en Afrique.

Le siège de l'Africom et son personnel seront « petits et aussi discrets que possible », a-t-il dit. Au lieu de consacrer son attention à des tâches purement militaires, le nouveau centre de commandement mettra l'accent sur les missions humanitaires, sur les affaires civiles et sur l'apport d'une aide à des pays en vue d'améliorer la sécurité à leurs frontières et dans leurs eaux territoriales.

Le gouvernement Bush compte nommer un officier général à la tête du centre de commandement d'ici à la fin de l'année budgétaire (qui se termine le 30 septembre). Le Sénat devra entériner la nomination de cet officier général. « La seule décision que l'on ait prise est que le commandant de l'Africom sera posté (…) dans le continent africain », a indiqué M. Henry.

Le centre de commandement devrait être complètement opérationnel à la fin de septembre 2008, a-t-il dit en exprimant l'espoir que le commandant de l'Africom pourra occuper ses fonctions en Afrique bien avant cette date.

Le commandant adjoint de l'Africom devrait être au début un membre du personnel du département d'État et plus tard il pourrait être détaché d'autres ministères des États-Unis, ce qui montre la nature mixte, militaire et civile, de ce nouveau centre de commandement.

Par ailleurs, M. Henry a expliqué qu'il avait réussi à dissiper plusieurs fausses idées au sujet de l'Africom lors de ses entretiens avec des responsables africains :

- l'Africom ne se traduira pas par un déploiement de grande ampleur de forces américaines en Afrique. À l'heure actuelle, plusieurs milliers de soldats américains sont envoyés dans ce continent dans le cadre d'exercices périodiques et de programmes de formation, et il est probable que cela se poursuivra ;

- le ministère de la défense des États-Unis ne va pas accroître considérablement les ressources consacrées à l'Afrique. Certes, a fait remarquer M. Henry, les crédits budgétaires affectés à l'Afrique ont triplé depuis l'entrée en fonctions du président Bush, c'est pourquoi l'une des principales raisons de la création de l'Africom est de coordonner les ressources actuelles ;

- la création de l'Africom n'en est encore qu'à ses tout débuts ;

- les États-Unis ne créent pas l'Africom pour faire face à une menace précise ou pour des raisons stratégiques particulières. L'Africom n'est pas destiné à faire face à la présence de la Chine en Afrique, ni à renforcer uniquement la lutte contre le terrorisme, ni à se procurer des ressources telles que le pétrole, a souligné M. Henry en ajoutant que la principale raison de sa création était le fait que l'Afrique était en train de devenir un protagoniste « stratégique » sur la scène mondiale et qu'il était nécessaire d'avoir des rapports avec elle à l'échelle du continent ;

- enfin, l'Africom ne préconisera pas des solutions américaines pour les problèmes africains. Son objectif est « de collaborer avec les pays et avec les organisations internationales qui y jouent un rôle actif afin d'appuyer les solutions africaines aux problèmes africains dans les domaines de la sécurité et de la stabilité ».

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