Par Charles W. Corey
Rédacteur
Accra (Ghana) - L'Afrique subit une transformation « tout à fait positive » depuis l'an 2000, a déclaré le président des États-Unis, M. George W. Bush, le 20 février, lors d'une conférence de presse donnée en compagnie du président du Ghana John Kufuor qui l'avait reçu dans sa demeure présidentielle.
M. Bush a attribué cette évolution salutaire à l'action d'une nouvelle génération de dirigeants africains : « Six conflits régionaux faisaient rage lorsque j'ai été élu président. Prenez, par exemple, le Libéria. La situation y était très précaire et posait un vrai problème (...) Grâce aux conseils de John Kufuor, entre autres, j'ai pris, ainsi que d'autres dirigeants, certaines décisions qui ont contribué à l'accession de la première femme à la présidence d'un État africain », a-t-il dit en faisant allusion à la présidente du Libéria Ellen Johnson Sirleaf.
M. Bush a ajouté qu'il se rendait au Libéria le lendemain - la dernière étape de son périple dans cinq États africains qui a compris aussi le Bénin, la Tanzanie, le Rwanda et le Ghana - précisément pour saluer les progrès réalisés par ce pays depuis l'entrée en fonctions du gouvernement Sirleaf et pour réaffirmer la détermination des États-Unis à continuer de l'aider.
« On a vu se régler des conflits (en Afrique), sans que les États-Unis aient tenté d'imposer leur volonté. Nous avons simplement essayé d'être un partenaire utile, comme au Congo oriental, par exemple, en collaborant avec les présidents du Rwanda, du Congo et du Burundi, en vue d'instaurer la paix dans cette région », a déclaré le président.
« La démocratie progresse à travers ce continent, s'est-il félicité, et l'une des raisons de ces progrès sur la voie de la solution des conflits et de la démocratie est que l'Afrique bénéficie de dirigeants tels que le président ghanéen John Kufuor. » C'est ainsi que les États-Unis ont pu contribuer à mettre fin à des conflits en Sierra Leone, en Angola et au Burundi et qu'ils travaillent depuis longtemps en faveur de la paix au Darfour.
M. Bush a également attribué ce renouveau africain aux changements que son gouvernement avait apportés aux programmes d'aide américaine. Les anciens programmes consistaient essentiellement, selon lui, « à vous verser de l'argent et à vous souhaiter bonne chance », alors que dans le cadre de la nouvelle stratégie, en échange de l'aide, « nous nous attendons à l'adoption de certains comportements, par exemple la lutte contre la corruption et l'investissement dans l'éducation des enfants ».
Bien que de telles responsabilités n'aient pas été exigées par le passé, M. Bush a dit qu'il pouvait « avec confiance » demander à des États d'adhérer à ces principes, « car je sais que je puis établir des critères élevés pour les dirigeants africains. J'ai toute confiance dans la capacité des dirigeants que j'ai rencontrés. » De surcroît, l'aide américaine au développement constitue un atout crucial sur le plan de la sécurité nationale, des intérêts de politique étrangère et de la prospérité des États-Unis.
Depuis l'entrée en fonctions du gouvernement Bush, en janvier 2001, l'aide des États-Unis au développement a plus que doublé, passant de quelque 10 milliards de dollars en 2000 à 23 milliards de dollars en 2006. C'est l'augmentation la plus importante de leur aide à l'étranger depuis le plan Marshall.
Le président a déclaré que durant ce voyage en Afrique, le second de sa présidence, les chefs d’Etat avec qui il s’était entretenu au Bénin, en Tanzanie, au Rwanda, au Ghana et bientôt au Libéria, étaient « des dirigeants qui se sont voués à assurer le bien-être de leur peuple, qui se sont engagés à gouverner honnêtement et à investir dans le progrès social. Ils préfèrent de beaucoup léguer à la postérité un bon système d'éducation qu'un gouvernement égocentriste. »
Et de conclure : « Il n'y a pas de meilleur moyen de souligner ce fait que de venir dans ce continent, d'où ma présence ici. Cela a été, pour moi, un excellent voyage. »
|