Embassy Seal US Department of State
flag graphic
    Article detail
2007-08-06

L'Africom crée des partenariats et favorise l'autonomie

Par David McKeeby Rédacteur de l'USINFO

Washington - Le rôle précis du Commandement que l'armée des États-Unis a récemment créé pour l'Afrique consistera à établir des partenariats durables pour livrer l'aide humanitaire et à faciliter l'autonomie en aidant les pays africains à bâtir des démocraties fortes et efficaces.

« Nous ne faisons pas la guerre en Afrique, et nous n'en avons pas l'intention », a déclaré la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, lors d'une séance parlementaire organisée le 1er août. « Nos ambassades et l'Africom vont œuvrer de concert pour s'assurer que les choses restent ainsi. »

Afin de répondre à leurs responsabilités mondiales face aux menaces potentielles, les États-Unis ont divisé leurs forces militaires en commandements régionaux. Mais jusqu'à présent, l'Afrique était couverte par trois commandements séparés en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.

« Durant la guerre froide, le Commandement européen ne consacrait que 5 % de son temps à l'Afrique », a déclaré Jonathan Gration, un ancien général de l'armée de l'air. « L'Africom est un bon concept », a-t-il dit aux sénateurs.

Mais depuis l'annonce de sa création, en février dernier, l'Africom suscite une vive inquiétude auprès de ceux qui suivent les affaires africaines, a déclaré Mark Malan, un ancien officier de l'armée sud-africaine qui travaille aujourd'hui pour le compte de Refugees International.

« Lorsque les États-Unis justifient la création d'un commandement militaire au nom du développement et de l'aide humanitaire, les Africains soupçonnent inévitablement que cela cache quelque chose. »

« En Afrique, aux États-Unis, en Europe et ailleurs, on craint que l'Africom ne soit le signe de la militarisation de l'engagement des États-Unis en Afrique, et ce au détriment des priorités du développement et de la diplomatie », a ajouté Stephen Morrison, un spécialiste des affaires africaines au Centre d'études stratégiques et internationales.

Mme Frazer a affirmé que ces craintes étaient infondées. Elle a rappelé que le département d'État demeurait le seul responsable de la diplomatie des États-Unis. Contrairement aux autres commandements militaires, l'Africom comprendra un diplomate de haut rang qui servira d'adjoint et de conseiller auprès du commandant. Il s'agit en fait de « marier » l'expérience et l'autorité du département d'État avec les ressources et les compétences militaires en matière de sécurité, a déclaré Mme Frazer.

Cette méthode n'est pas nouvelle, a affirmé Stephen Hess, administrateur adjoint de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), soulignant l'étroite collaboration entre son agence et l'armée des États-Unis lorsqu'il s'agit de secourir des populations victimes de catastrophes naturelles.

« L'Africom ne façonnera pas, mais appuiera la politique des États-Unis en Afrique », a affirmé Theresa Whelan, responsable des affaires africaines au ministère de la défense. Elle a déclaré que l'Africom était, à maints égards, une tentative des États-Unis de « se mettre au pas » de l'évolution rapide de la gouvernance et des institutions de défense de la région, par exemple l'Union africaine.

« L'Afrique a pendant longtemps été considérée comme un problème à résoudre, un continents d'États déchus, d'économies en déroute, de conflits régionaux et de dirigeants corrompus. Mais cette image est très éloignée de la réalité africaine actuelle. Grâce au soutien de partenaires internationaux, les Africains sont en effet en train d'instaurer, lentement mais surement, la démocratie et la bonne gouvernance sur leur continent. »

L'Africom n'est qu'une étape, et elle n'engendrera pas d'important déploiement de troupes américaines sur le continent, a affirmé Mme Whelan. Temporairement basé en Allemagne en attendant de trouver un emplacement définitif en Afrique, l'Africom ne sera pas un large réseau de bases militaires. Il sera doté d'un personnel d'appui limité, capable de réclamer des forces et de l'équipement en cas de besoin.

Pendant des années, l'armée des États-Unis a aidé à former et à équiper des armées africaines, ce qui a permis à ces dernières de prendre la responsabilité de la sécurité de leurs pays respectifs ainsi que de régions plus vastes par le truchement d'organisme tels que l'Union africaine, et de participer à des opérations d'envergure internationale par le biais des Nations unies. Si la structure de l'Africom est nouvelle, sa mission continuera de mettre l'accent sur le rôle de l'armée en tant que gardienne de la société démocratique agissant sous le contrôle des autorités civiles et dans le respect des droits de l'homme.

« L'objectif de l'Africom est d'encourager et de soutenir les dirigeants africains et leurs initiatives, pas de leur faire concurrence », a dit Mme Whelan. « La sécurité des États-Unis se trouve renforcée lorsque les pays africains entreprennent avec bonheur de régler certains problèmes de sécurité avant qu'ils ne s'aggravent et ne nécessitent des interventions internationales coûteuses. »

Embassy of the United States