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2008-02-20

M. Bush réfute de fausses idées relatives à l'Africom

Par Charles W. Corey Rédacteur

Accra (Ghana) - Lors de sa visite officielle au Ghana, le président Bush a réfuté avec force plusieurs fausses idées relatives au nouveau centre de commandement des États-Unis pour l'Afrique, l'Africom, annoncé une nouvelle initiative destinée à lutter contre des maladies tropicales négligées et déclaré que les États-Unis ne considéraient pas la Chine comme un concurrent dangereux dans le continent africain.

À l'issue de leurs entretiens le 20 février, le président Bush et le président du Ghana, M. John Kufuor, ont donné une conférence de presse au cours de laquelle M. Bush a indiqué que la politique de son gouvernement consistait à aider les dirigeants africains à résoudre les problèmes de l'Afrique.

À cet égard, il semble que l'Africom ne soit pas très bien compris et qu'il soit l'objet de controverses, a-t-il dit en précisant le rôle de ce centre de commandement. « Tout d'abord, il s'agit d'une structure de commandement exceptionnelle pour les États-Unis. C'est un centre qui vise à fournir une aide militaire aux pays africains afin qu'ils soient plus à même de s'attaquer aux conflits africains, notamment dans le domaine de la formation en matière de maintien de la paix. »

Il est évident, a-t-il déclaré, qu'« il existe un problème au Darfour et qu'il nous faut œuvrer de concert pour le résoudre. Je suis très heureux que la force mixte de l'Union africaine et de l'ONU soit bientôt déployée au Darfour - j'aimerais cependant que son déploiement soit plus rapide - mais le but de l'Africom est d'aider les dirigeants africains à s'attaquer aux problèmes africains. »

Le président Bush a ensuite souligné que les États-Unis n'envisageaient pas d'ouvrir de nouvelles bases militaires et réfuté des informations incorrectes parues dans les médias selon lesquelles ils souhaitaient construire une base au Ghana. « Ce sont là des sornettes », a-t-il dit en ajoutant cependant que cela ne voulait pas dire que l'Africom n'ouvrirait pas des bureaux dans un pays africain.

« Je tiens à réfuter, a-t-il déclaré, l'idée selon laquelle soudainement les États-Unis enverraient toutes sortes de militaires en Afrique. Ce n'est pas du tout vrai. Il s'agit d'adapter notre centre de commandement à la stratégie que nous avons adoptée. »

Par ailleurs, M. Bush a annoncé une initiative dans le cadre de laquelle les États-Unis vont consacrer 350 millions de dollars au cours d'une période de cinq ans pour lutter contre des maladies tropicales négligées telles que l'ankylostomiase ou l'onchocercose. En outre, a-t-il dit, les États-Unis vont consacrer près de 17 millions de dollars pour aider le Ghana dans sa lutte contre le paludisme.

À propos du rôle de la Chine en Afrique, le président a indiqué qu'il ne considérait pas ce pays comme un « concurrent féroce » dans le continent africain. La Chine et les États-Unis peuvent, selon lui, appliquer leur politique respective sans entrer dans une concurrence effrénée.

La politique des États-Unis, a-t-il expliqué, vise à venir en aide à la population. Les échanges commerciaux jouent un grand rôle à cet égard, et c'est pourquoi il est si important de mener à bien les négociations commerciales multilatérales de Doha.

M. Bush a déclaré qu'il présumait que les dirigeants africains voudraient appliquer des normes strictes à la Chine ou à tout autre pays désireux d'investir dans leurs pays, notamment en exigeant l'emploi de travailleurs africains, le respect de mesures de sauvegarde de l'environnement ainsi que de mesures visant à éviter une exploitation indue. « Les États-Unis sont disposés à respecter ces normes car nous sommes convaincus de leur bien-fondé », a-t-il souligné.

La transformation à valeur ajoutée est, selon lui, très importante pour l'Afrique car la valeur ajoutée aux matières premières de ce continent permettra aux pays africains d'accroître le prix des produits qu'ils exportent et de susciter ainsi une croissance économique plus forte dans leur territoire.

De son côté, le président Kufuor a remercié le président Bush d'avoir réfuté les rumeurs incorrectes au sujet de l'Africom et de l'idée que les États-Unis puissent vouloir installer des bases militaires en Afrique. « Je crois, a-t-il dit, que les explications que le président nous a données mettront un terme aux conjectures » et que les relations entre le Ghana et les États-Unis se renforceront à l'avenir.

Le président du Ghana a également remercié le président Bush pour avoir créé un fonds destiné à lutter contre les maladies négligées en Afrique. Son gouvernement, comme celui d'autres pays africains, a-t-il dit, est résolu à lutter contre ces maladies, mais n'a pas les ressources nécessaires pour le faire efficacement.

À propos du paludisme, M. Kufuor a déclaré avoir lu ce jour-là dans un journal que le paludisme faisait peut-être plus de victimes que le sida au Ghana. Il a dit que, pour cette raison, il remerciait M. Bush d'avoir annoncé l'octroi à son pays de 17 millions de dollars destinés à la lutte contre le paludisme.

Après son entrevue avec le président du Ghana, M. Bush a déjeuné avec des volontaires du Corps de la paix pour célébrer le fait que le Ghana a été le premier pays à accueillir des volontaires de cet organisme. Il a ensuite rendu visite à des bénéficiaires du Centre du commerce en Afrique de l'Ouest, qui relève de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

Le Centre du commerce de l'USAID à Accra collabore avec celui de Dakar (Sénégal) dans le cadre de l'Initiative en faveur de la compétitivité des entreprises africaines à travers le monde, afin de faciliter les échanges entre les 21 pays de l'Afrique de l'Ouest.

Ces deux centres ainsi que ceux de Nairobi et de Gaborone facilitent aussi les échanges entre les États-Unis et les pays de leur zone de compétence dans le cadre de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, qui permet l'exportation en franchise de douane de divers produits africains aux États-Unis.

Ces quatre centres du commerce servent de point central où les entreprises, les pouvoirs publics et les établissements financiers peuvent obtenir des informations en vue d'encourager la croissance et le développement économique pour tous.

Après avoir visité l'ambassade des États-Unis et vu un match de base-ball joué par des enfants, le président Bush et son épouse ont assisté au dîner donné en leur honneur par le président Kufuor.

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