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2007-10-17

Visite de Mme Sirleaf aux États-Unis

Par Stephen Kaufman Rédacteur de l'USINFO

Washington - Alors que le président Bush accueille la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf à la Maison-Blanche, un haut responsable du département d'État a exprimé la confiance des États-Unis dans le nouveau gouvernement libérien et leur désir de continuer à aider le Liberia à se remettre de sa guerre civile dévastatrice.

La présidente Sirleaf, la première femme élue démocratiquement à la tête d'un État africain, est en visite officielle à Washington le 18 octobre aux fins de discussions avec M. Bush. Elle prononcera également un discours lors d'un dîner de collecte de fonds organisé pour Africare, une organisation sans but lucratif spécialisée dans l'aide à l'Afrique.

M. Todd Moss, sous-secrétaire d'État adjoint aux affaires africaines, a déclaré à l'USINFO que depuis sa prise de fonctions en janvier 2006, Mme Sirleaf avait fait preuve « d'une remarquable capacité à se concentrer sur les problèmes » auxquels se heurte son pays, sans se laisser décourager par leur énormité.

« Elle fait preuve d'une énergie unique dans la gestion des affaires du pays, et je pense que c'est l'une des raisons pour lesquelles elle est reconnue dans le monde entier. »

Les relations entre le Liberia et les États-Unis ont également dépassé les tensions des années précédentes, tensions qui ont atteint leur apogée durant la guerre civile et le gouvernement de l'ancien président Charles Taylor.

« Ce qui est remarquable au niveau des relations américano-libériennes, a dit M. Moss, c'est qu'elles jouissent du soutien des deux partis politiques et de l'ensemble de la société des États-Unis. La raison pour laquelle nos deux pays sont si proches à l'heure actuelle est que la présidente Sirleaf prend les mesures nécessaires pour mettre le Liberia sur la voie de la prospérité. La qualité de nos relations bilatérales dépend, à l'évidence, du maintien de cette bonne gestion des affaires publiques libériennes. »

Les États-Unis et la Banque mondiale sont les deux principaux bailleurs de fonds du Liberia, et le soutien des États-Unis se fait sentir dans « tous les secteurs clés du pays », notamment la sécurité, l'éducation, la santé et l'infrastructure.

Ce large éventail de l'aide des États-Unis au Liberia est presque unique, une situation qui, selon M. Moss, « est réellement un signe de notre engagement envers le Liberia et de la confiance que nous avons dans les talents de direction de Mme Sirleaf ».

La réforme de l'appareil de sécurité du pays demeure la principale cible des donateurs internationaux et du gouvernement libérien. Comme l'a montré l'histoire du pays, « rien de positif ne peut se produire si la sécurité et la paix ne règnent pas », a dit M. Moss. Depuis la fin de la guerre civile, en 2003, les États-Unis ont consacré près de 600 millions de dollars au soutien financier de la Mission des Nations unies au Liberia et le gouvernement Bush souhaite que ces forces restent sur place aussi longtemps qu'il le faudra pour assurer la sécurité du pays.

Durant cette même période, les États-Unis ont consacré 570 millions de dollars à la reconstruction du Liberia. L'une des initiatives du gouvernement libérien est la reconstitution de fond en comble de l'armée et de la police, « ce qui n'a jamais été fait auparavant », a affirmé M. Moss. Les progrès sont plus lents que prévu, essentiellement du fait qu'il faut vérifier le passé des recrues afin d'empêcher ceux qui ont violé les droits de l'homme de rejoindre les rangs de l'armée ou de la police. Cependant, plus de 600 nouvelles recrues ont fini leurs classes, et la promotion suivante doit bientôt commencer.

Les États-Unis aident également le Liberia à réformer son appareil judiciaire qui doit être reconstruit et doté d'avocats et de juges bien formés.

La présidente Sirleaf doit surmonter d'énormes obstacles, a dit M. Moss. « Pendant 30 ans, personne n'a investi un centime dans quoi que ce soit. De plus, le pays a connu 15 années de guerre civile dévastatrice. Ils repartent vraiment à zéro, et cela va prendre du temps. »

La première saison sèche de l'année vient de commencer au Liberia, ce qui a donné à la présidente Sirleaf la première réelle occasion de démarrer d'importants chantiers tels que la construction de routes et d'écoles.

La dirigeante libérienne a également hérité d'une énorme dette internationale et a besoin d'un appui international pour obtenir des garanties financières du Fonds monétaire international (FMI) afin de pouvoir participer au programme d'allégement de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE). Les États-Unis ont trouvé des « moyens novateurs » d'aider le Liberia par le truchement de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, mais, a dit M. Moss, les garanties du FMI sont essentielles parce que « sans elles, rien ne pourra se faire ».

« Nous espérons que d'autres pays, notamment ceux qui ont autrefois bénéficié de l'aide des États-Unis (...) prendront leurs responsabilités et donneront leur aval à ce processus. »

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