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2007-06-12

Darfour : le maintien de la paix ne doit pas être assuré que par des soldats africains

Par Stephen Kaufman Rédacteur de l'USINFO

Washington - Le fait que le Soudan insiste pour que seuls des soldats africains fassent partie d'une force mixte de maintien de la paix de l'Union africaine et de l'ONU au Darfour rendrait cette force inefficace car l'Afrique n'est pas en mesure de fournir tous les soldats nécessaires, a déclaré à la presse le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, le 12 juin.

L'accord conclu par le Soudan avec l'Union africaine au sujet de son acceptation du déploiement d'une force de maintien de la paix, de son mandat et de sa structure, a-t-il dit, comprend des lignes en petits caractères indiquant que cette force ne doit se composer que de soldats africains.

Dans ces conditions, a-t-il fait remarquer, il serait « très difficile » qu'elle comprenne les 17.000 à 19.000 hommes prévus dans le plan visant à mettre sur pied le cadre de paix établi par les dirigeants qui se sont réunis en novembre 2006 à Addis-Abéba (Éthiopie).

Il ne s'agit pas d'un manque de volonté de la part des pays africains, mais du fait qu'ils n'ont pas les moyens nécessaires, a indiqué M. McCormack en ajoutant qu'en fait l'acceptation du Soudan revenait à ne pas accepter les 17.000 à 19.000 que les spécialistes estimaient nécessaire pour l'exécution de cette mission.

Les États-Unis, a-t-il dit, attendent toujours que le Soudan accepte une force mixte de maintien de la paix qui soit efficace. Le gouvernement Bush poursuit ses démarches diplomatiques en vue de l'envoi d'une telle force. Il fournit aussi une aide financière directe à l'Union africaine pour qu'elle poursuive sa mission de maintien de la paix au Darfour, ainsi qu'une contribution à l'ONU au titre de sa force de maintien de la paix.

« Je sais, a-t-il précisé, que nous sommes le pays qui contribue le plus aux opérations de maintien de la paix, mais je ne peux pas vous dire le montant qui serait nécessaire pour le déploiement de cette force particulière. »

À sa sortie d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU le 12 juin, le représentant permanent des États-Unis, M. Zalmay Khalilzad, a déclaré que les membres de cet organe attendaient d'obtenir des éclaircissements de la part du Soudan au sujet de son acceptation d'une force mixte.

« S'il s'agit d'une acceptation inconditionnelle, ce serait une mesure positive que nous accueillerions avec satisfaction, mais si elle est assortie de conditions, telles que la présence uniquement de soldats africains, ce serait inacceptable », a-t-il dit.

Il y a peu de temps, les États-Unis et d'autres États membres du Conseil de sécurité avaient souligné que si le Soudan n'acceptait pas rapidement le plan d'une force mixte de l'Union africaine et de l'ONU, ils proposeraient d'appliquer de nouvelles sanctions au gouvernement soudanais.

M. Khalilzad a déclaré que le Conseil de sécurité n'avait pas changé d'avis à ce sujet et qu'il envisageait toujours de prendre d'autres sanctions si le gouvernement soudanais n'acceptait pas sans condition l'envoi d'une force mixte de maintien de la paix au Darfour.

Les États-Unis et d'autres États membres du Conseil de sécurité préconisent une approche générale au conflit du Darfour. « Nous savons, a-t-il dit, que la violence n'est pas le fait seulement du gouvernement, mais aussi des rebelles. Il incombe donc à tous les camps de coopérer aux fins de l'application des résolutions du Conseil de sécurité, de la distribution de l'aide humanitaire et du maintien de la paix. »

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