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2006-06-28

Le renforcement des institutions est essentiel à la démocratisation en Afrique

Par Michelle Austein Rédactrice du « Washington File »

Washington - Le renforcement des institutions des pays africains facilitera les efforts de démocratisation de ces pays, ont dit des militants africains lors d'une table ronde qui a eu lieu le 27 juin à Washington.

Organisée par la Fondation nationale de promotion de la démocratie, cette table ronde, à laquelle ont aussi participé des parlementaires et des africanistes américains, portait sur les perspectives de démocratisation en Afrique.

Le renforcement de ces institutions prendra plus longtemps que dans les autres parties du monde, a déclaré Mme Zainab Hawab Bangura, de la Sierra Leone, qui est chargée des affaires civiles de la Mission de l'ONU au Liberia.

Pour sa part, M. Joël Barkan, du Centre d'études stratégiques et internationales de Washington, s'est déclaré d'avis qu'il faudrait de quinze à vingt ans. « La démocratie consiste à créer des institutions et non pas seulement à organiser des élections », a-t-il dit. De nombreux autres participants ont exprimé le même point de vue, mais aussi fait état de l'importance des élections pour apporter la stabilité dans les pays africains et pour rendre les dirigeants responsables de leurs actes.

Les conflits en cours, ont-ils dit, entravent la démocratisation. C'est ainsi que les électeurs de la République démocratique du Congo (RDC) ont dû attendre quarante ans pour pouvoir participer pour la première fois, le 30 juillet prochain, à des élections libres et représentatives.

Les conflits entre ethnies et les guerres civiles rendent difficile la participation aux élections, a fait remarquer une militante d'un organisme de défense des droits de l'homme en RDC, Mme Immaculée Birhaheka. L'insuffisance de l'infrastructure telle que les routes et l'absence d'instruction ont aussi une incidence sur les élections. « Les jeunes âgés de dix-huit à vingt ans peuvent voter, mais un grand nombre d'entre eux ne sont jamais allés à l'école et ne sont donc pas instruits », a-t-elle dit.

De son côté, un haut responsable de l'Institut démocratique national (organisation non gouvernementale sise à Washington), M. Christopher Fomunyoh, a déclaré qu'il fallait considérer les élections en RDC comme le début de la mise en place d'institutions dans ce pays.

L'amélioration du respect de la loi dans les pays africains contribuera aussi à faciliter la démocratisation, a déclaré un parlementaire républicain de la Californie, M. Edward Royce. La traduction en justice de l'ancien président Charles Taylor pour crimes de guerre montre, selon lui, que « la justice et l'État de droit ont remporté une victoire en Afrique de l'Ouest ».

La communauté internationale peut aider l'Afrique sur la voie de la démocratisation au moyen de partenariats établis, dans le cas des États-Unis, dans le cadre du Compte du millénaire et de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, a-t-il dit.

D'autres participants à la table ronde ont indiqué que les organisations non gouvernementales, les associations confessionnelles et les habitants d'origine africaine de divers pays situés en dehors de l'Afrique apportaient aussi une grande aide.

La pauvreté, les violations des droits de l'homme et la corruption des agents publics ont été également cités comme des obstacles fréquents à la démocratisation en Afrique.

Mmes Birhaheka et Bangura, ainsi que MM. Alfred Taban, éditeur d'un journal soudanais, et Reginald Matchaba-Hove, militant d'un organisme zimbabwéen de défense des droits de l'homme, ont reçu un prix de la Fondation nationale de promotion de la démocratie pour leur action en faveur de la démocratie et du respect des droits de l'homme.
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