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2006-12-15

Les États-Unis n'envisagent pas d'envoyer des soldats en Somalie

Par Vince Crawley Rédacteur de l'USINFO

Washington - Selon la sous-secrétaire d'État pour les affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, les États-Unis n'ont nullement l'intention d'envoyer une force militaire en Somalie pour en déloger les sympathisants d'Al-Qaïda qui se trouvent parmi les dirigeants au pouvoir.

Appelant les factions belligérantes en Somalie à entamer des pourparlers afin d'instituer un gouvernement stable dans ce pays, Mme Frazer a demandé, lors d'un exposé à la presse, le 14 décembre, que la communauté internationale veille à l'application de la résolution adoptée le 6 décembre par le Conseil de sécurité de l'ONU autorisant une force africaine de maintien de la paix afin d'appuyer le gouvernement fédéral de transition en Somalie.

Le gouvernement et les militaires des États-Unis ne parlent nullement d'un déploiement à Mogadiscio (Somalie), a-t-elle souligné.

Depuis le début de 1991, aucun gouvernement efficace n'a gouverné la Somalie et le gouvernement de transition actuel, qui a son siège à Baidoa, a été formé en 2004 avec l'aide de la communauté internationale. C'est l'Union (ou Conseil) des tribunaux islamiques (Council of Islamic Courts, CIC), une association de tribunaux régionaux faisant régner la loi islamique pour rétablir l'ordre et qui a vu le jour après le chaos des années 1990, qui contrôle Mogadiscio, la capitale, et la plupart des autres grandes villes. Cependant, depuis quelques mois, ces tribunaux sont de plus en plus souvent dirigés par des sympathisants d'Al-Qaïda en Afrique de l'Est, notamment des terroristes à qui l'on impute les attentats à la bombe perpétrés en 1998 contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie.

Les États-Unis, a précisé Mme Frazer, ne cherchent pas à renverser les tribunaux islamiques, mais à appuyer les modérés qui se trouvent en leur sein. Ils souhaiteraient aussi que le groupe cesse son expansion militaire et engage le dialogue avec le gouvernement de transition, à qui la communauté internationale a donné un mandat de cinq ans pour mettre sur pied un gouvernement stable et permanent pour l'ensemble de la Somalie.

« Le problème, c'est que le CIC est dirigé par des éléments extrêmement radicaux à l'heure actuelle, et non pas par les modérés que nous espérions tous », a dit Mme Frazer, ajoutant que l'un des principaux groupes représentés dans le CIC était « Al-Shaaba » qu'elle a qualifié comme étant « de jeunes tueurs radicaux ». « C'est ce qu'ils sont. Ils tuent des religieuses ; ils tuent des enfants et ils prônent le djihad (guerre sainte) », a-t-elle fait observer.

Selon Mme Frazer, le CIC applique une version extrême de la loi islamique qui ne concorde ni avec l'histoire ni avec les coutumes de la Somalie. « Exécuter des gens publiquement, tuer des gens pour avoir regardé des matchs de foot, ce n'est franchement pas en accord avec la culture et les traditions somaliennes », a-t-elle fait remarquer.

Les objectifs des États-Unis

Le premier objectif pour les États-Unis, c'est que la Somalie respecte la charte du gouvernement fédéral de transition qui, pour les Nations Unies, constitue le cadre permettant de rétablir une bonne gouvernance dans ce pays. Les États-Unis voudraient que les groupes de la société civile s'associent avec d'autres groupes représentatifs de la société somalienne pour mettre sur pied un système national de gouvernement pour la première fois depuis plus de 15 ans.

Soulignant le caractère transitoire du gouvernement actuel, Mme Frazer a rappelé qu'au bout du mandat de cinq ans de ce gouvernement, le peuple somalien devra décider de la façon dont il veut être gouverné. Le but du gouvernement de transition, a-t-elle fait valoir, n'est donc pas de se débarrasser du CIC.

Le second objectif, a-t-elle indiqué, « c'est que les terroristes, notamment ceux qui ont attaqué nos ambassades, soient remis entre les mains de la justice », précisant que les terroristes associés aux attentats de 1998 soit font partie des tribunaux islamiques, soit en reçoivent de l'aide.

« A priori, le nombre de modérés qui ne font pas de vagues au sein de ces tribunaux est bien plus important que celui des extrémistes, et nous formons l'espoir qu'un jour les conditions seront telles qu'ils rompront les rangs et s'associeront à ceux qui veulent gouverner la Somalie en respectant les traditions de ce pays », a expliqué Mme Frazer.

Les ambassadeurs des États-Unis dans divers pays d'Afrique ont entamé des pourparlers en vue de trouver des pays prêts à participer à la force régionale de maintien de la paix qui aiderait le gouvernement fédéral de transition à exercer son contrôle et à engager un dialogue constructif avec le CIC.
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