Afrique : M. Bush suit une politique « très audacieuse » en matière de commerce
Le discours de M. Bobby Pittman, du département d'État, lors de l'ouverture du forum de l'AGOA sur le secteur privé
Par Charles W. Corey
Rédacteur du « Washington File »
Washington - Le président Bush applique une politique « très audacieuse » en matière de développement et de commerce avec l'Afrique subsaharienne. Tout comme cette partie du monde, la politique africaine des États-Unis a connu une renaissance, a déclaré le sous-secrétaire d'État adjoint principal aux affaires africaines, M. Bobby Pittman.
M. Pittman a souligné ce point le 5 juin, devant un parterre de dirigeants d'entreprise, d'investisseurs et de diplomates, à l'occasion de l'ouverture à Washington du forum de l'AGOA portant sur le secteur privé. Cette réunion d'une durée d'un jour a eu lieu la veille du Cinquième Forum relatif à la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), qui se tiendra les 6 et 7 juin à Washington et qui portera sur le rôle du secteur privé et des échanges commerciaux dans la croissance économique de l'Afrique.
La politique du président Bush, a-t-il dit, est « le partenariat » et a dépassé la « période du paternalisme ». Que l'on considère le Compte du millénaire, le Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR), le plan d'annulation de la dette adopté par le G8 lors de sa réunion au sommet de Gleneagles ou encore la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, une chose est claire, a-t-il fait remarquer : « Toutes ces mesures sont élaborées d'une manière tout à fait différente » de ce que l'on faisait auparavant vis-à-vis de l'Afrique.
La renaissance de la politique africaine des États-Unis, a-t-il indiqué, va de pair avec la renaissance qui se produit dans tout le continent africain.
M. Pittman, qui est économiste de formation, a invité ses auditeurs à consulter les statistiques annuelles du Fonds monétaire international relatives à l'Afrique pour tenter de trouver des indicateurs économiques montrant une tendance à la baisse par rapport à il y a dix ans. « Le taux de croissance économique est de 5 %, le taux de croissance en dehors du secteur pétrolier est près de 5 %, l'inflation (...) est la plus faible depuis vingt ou trente ans. »
Le taux de croissance du revenu par habitant est encore plus important, a-t-il dit. « Dans les années quatre-vingt-dix, le revenu par habitant ne s'accroissait pas (...) alors que ces deux à trois dernières années il a augmenté de 3 %. Bien sûr, un grand nombre d'entre nous aimeraient qu'il soit plus élevé, mais une hausse de 3 points de pourcentage, alors que la croissance démographique est très élevée, montre bien que le revenu par habitant augmente », ce qui est très important pour les échanges commerciaux et les investissements.
Les échanges commerciaux sont aussi un indicateur très important qu'il ne faut pas négliger, a-t-il fait remarquer. « Si l'on considère les importations ou les exportations du continent africain, elles augmentent en tant que pourcentage du produit national brut (PNB). En 1998-1999, les importations représentaient environ 30 % du PNB et les exportations représentaient également près de 30 % du PNB. À l'heure actuelle, ces pourcentages sont de 40 %. Il est donc manifeste que les pays africains ont ouvert davantage leur économie sur le monde extérieur. Ils ont augmenté leurs échanges commerciaux, et il en est de même pour les investissements. »
Il ressort de tout cela, a-t-il dit, qu'un immense changement de caractère dynamique a maintenant lieu dans toute l'Afrique tant sur le plan politique que sur le plan général.
Par ailleurs, M. Pittman a indiqué qu'il importait surtout, pendant les deux dernières années du mandat du président Bush, d'entendre l'opinion du secteur privé, l'opinion des entreprises qui tiraient parti de l'AGOA sur ce qu'on devrait faire maintenant en ce qui concerne les échanges commerciaux avec l'Afrique subsaharienne.
« Nous espérons avoir montré (...) que tout était négociable, a-t-il dit. Alors qu'on nous avait demandé un milliard de dollars supplémentaires au titre de l'aide, nous avons fourni l'an dernier 4,2 milliards. » La contribution des États-Unis pour ce qui est de l'aide au continent africain est bien plus importante qu'il y a quatre ans. Elle a augmenté bien plus que celle de tout autre pays donateur.
En conclusion, M. Pittman a recommandé à tous ses auditeurs de « penser grand » et également de penser aux moyens d'élargir le dialogue actuel entre le secteur public et le secteur privé dans le cadre des échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique, de sorte que l'on puisse surmonter les obstacles restants pour le bien de tous.
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