Par David McKeeby
Rédacteur
Washington - Les États-Unis sont fiers de soutenir le nouvel État indépendant du Kosovo et considèrent cette indépendance comme l'étape finale « du long processus non consensuel de démantèlement de l'ancienne Yougoslavie ».
« Le Kosovo mérite d'être indépendant », a déclaré le sous-secrétaire d'État Nicholas Burns, le 22 février, lors d'une discussion en ligne diffusée sur America.gov. « La Serbie a renoncé à tout droit sur le Kosovo lorsque, en 1998 et 1999, elle a attaqué, de façon brutale et injustifiée, la communauté albanaise de cette province. »
Le 17 février dernier, le Kosovo a en effet déclaré son indépendance après avoir été administré pendant près d'une décennie par l'ONU dans la foulée d'une intervention de l'OTAN qui, en 1999, a mis fin à la violence subie par la majorité albanaise de l'ancienne province yougoslave.
En plus de leur participation à la mission de maintien de la paix de l'OTAN, les États-Unis ont appuyé énergiquement le processus diplomatique lancé entre le Kosovo et la Serbie par le Conseil de sécurité de l'ONU et le Groupe de contact. Les États-Unis ont également été partie aux pourparlers engagés plus tard par la « troïka », dont les deux autres membres étaient l'Union européenne et la Russie. Mais après des années d'impasse, une solution définitive était essentielle, a affirmé M. Burns.
Il est en outre convaincu que tout retard de l'indépendance aurait engendré une plus grande instabilité régionale.
L'histoire particulière du Kosovo, sa longue période d'administration par l'ONU et le processus diplomatique qui a abouti au plan en douze points pour l'indépendance de l'envoyé spécial onusien Martti Ahtisaari après une période de supervision internationale constituent une situation unique, et c'est pourquoi le Kosovo ne devrait pas être considéré comme un précédent pour d'autres groupes recherchant l'indépendance.
M. Burns a accueilli favorablement les nouvelles lois promulguées cette semaine par le gouvernement du Kosovo, lois qui visent à protéger les droits des Serbes et autres populations minoritaires de cette nouvelle nation. « Nous croyons que l'avenir du Kosovo devrait être placé sous le signe de la pluralité ethnique et religieuse. »
M. Burns a par ailleurs condamné l'attaque perpétrée le 21 février par des manifestants nationalistes serbes contre l'ambassade des États-Unis à Belgrade, la qualifiant d'« acte barbare d'une foule méprisante de la loi ». Il a lui-même appelé le premier ministre serbe Vojislav Kostunica et son ministre des affaires étrangères Vuk Jeremic pour protester contre cette attaque. Les nationalistes serbes ont également organisé des manifestations devant les ambassades de Bosnie, de Grande-Bretagne, de Croatie, d'Allemagne et de Turquie.
« La Serbie devrait d'abord examiner ses responsabilités et garantir la sécurité des diplomates étrangers sur son territoire », a affirmé M. Burns.
Dans les années à venir, a-t-il ajouté, le Kosovo va avoir besoin de deux milliards de dollars d'aide pour se remettre sur pied. Les États-Unis lui ont fourni 77,7 millions de dollars d'aide en 2007, et pensent lui octroyer 412 millions de dollars cette année. Ils vont en outre s'employer à encourager d'autres pays à se montrer généreux lors d'une prochaine conférence de donateurs.
« Je suis convaincu que sous l'impulsion des États-Unis et de l'Europe, ainsi qu'avec la bonne volonté de la communauté internationale, nous pourrons faire beaucoup pour répondre aux besoins pressants du Kosovo durant les premières années de sa souveraineté. »
|