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2007-02-12

L'AFRICOM reflète l'importance croissante de l'Afrique

Par Vince Crawley Rédacteur de l'USINFO

Washington - Selon de hauts responsables américains, la décision du président Bush de créer un commandement militaire unifié pour l'Afrique (AFRICOM) reflète l'importance stratégique à long terme de ce continent et non pas le désir de protéger des gisements pétroliers, de lutter contre les militants islamistes ou de contrer l'influence croissante de la Chine.

Ces responsables s'attendent à ce que l'on entame dans les semaines à venir des pourparlers en vue de décider de l'emplacement du quartier général de l'AFRICOM. Il est toutefois peu probable qu'une décision soit prise à ce sujet avant des mois. On n'a pas non plus arrêté les effectifs qui seront affectés à ce commandement. Le quartier général des commandements régionaux de l'armée des États-Unis a en général un personnel composé d'un millier de personnes, mais comme la mise sur pied de l'AFRICOM ne fait que commencer, rien n'a encore été décidé au sujet de sa structure ni de son personnel. « L'importance de l'Afrique est la raison pour laquelle nous créons ce commandement unifié », a déclaré à la presse, le 9 février, la vice-ministre adjointe de la défense chargée des affaires africaines, Mme Theresa Whelan. L'AFRICOM, a-t-elle précisé, facilitera les relations entre l'armée des États-Unis et les armées des pays africains et il permettra de coordonner davantage l'action du ministère de la défense avec celle des autres organismes des États-Unis et des organismes internationaux qui œuvrent en Afrique

C'est le 6 février que le gouvernement Bush a annoncé son intention de mettre en place l'AFRICOM d'ici au 30 septembre 2008. Toutefois, cette idée a germé pendant des décennies et elle n'est pas une réaction à de récents événements politiques ou militaires, ont souligné de hauts responsables.

« Ce n'est pas une course pour le continent », a déclaré Mme Whelan à la presse. La création de l'AFRICOM n'est pas non plus une réaction aux récents événements militaires survenus en Somalie, a-t-elle ajouté. L'AFRICOM a un objectif beaucoup plus vaste que la recherche de militants dans des zones hors la loi ou non gouvernées.

Comme on lui demandait si l'AFRICOM constituait une extension des opérations militaires antiterroristes, Mme Whelan a répondu : « Ce n'est pas du tout l'objectif de ce commandement. Il ne s'agit pas de pourchasser les terroristes en Afrique. »

Les commandements régionaux du ministère de la défense jouent essentiellement un rôle diplomatique. Ils sont le résultat de l'influence croissante des États-Unis depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. S'ils sont organisés par l'armée, les commandements sont souvent un point de ralliement pour l'ensemble des activités du gouvernement des États-Unis dans une zone géographique. À l'heure actuelle, le ministère de la défense coordonne ses affaires militaires dans le monde par l'intermédiaire de cinq commandements régionaux : le Commandement Nord et le Commandement Sud pour l'Amérique du Nord et du Sud, plus les Antilles ; le Commandement central pour le Moyen-Orient, certaines régions de l'Asie centrale et la Corne de l'Afrique ; le Commandement européen pour l'Europe et une grande partie de l'Afrique subsaharienne ; et le Commandement pacifique pour l'Asie de l'Est et l'océan Indien, y compris les îles de l'océan Indien situées au large des côtes de l'Afrique de l'Est.

En 1983, les planificateurs stratégiques des États-Unis ont placé la majeure partie du continent sous la responsabilité du Commandement européen parce que la majorité des pays africains étaient d'anciennes colonies européennes ayant conservé des liens politiques et culturels avec l'Europe.

C'est depuis le milieu des années 1990 que les spécialistes régionaux du ministère de la défense réclament la création d'un commandement africain. Le général James Jones, qui a dirigé le Commandement européen de 2003 à 2006, n'a cessé de souligner pendant cette période l'importance d'une action coordonnée du gouvernement des États-Unis en Afrique subsaharienne afin de maintenir le calme dans les régions non gouvernées et de promouvoir les mesures en faveur du développement et de la santé publique.

L'amiral Robert Moeller est à la tête de l'équipe de transition de l'AFRICOM à Stuttgart (Allemagne), où se trouve le quartier général du Commandement européen des États-Unis.

Son équipe a rédigé un projet de déclaration de mission qui met l'accent sur la coopération avec les pays africains afin d'y encourager la stabilité et de les aider à prévenir les conflits. Ce projet de déclaration de mission indique notamment : « Le Commandement des États-Unis pour l'Afrique vise à promouvoir les objectifs des États-Unis en matière de sécurité par la coopération avec les États africains et les organisations régionales afin d'aider à renforcer la stabilité et la sécurité dans cette zone. »

Lors de la conférence de presse qu'il a donnée le 9 février au Centre de la presse étrangère, l'amiral Moeller a déclaré que les activités de l'AFRICOM comprendraient notamment :

- la création de partenariats,

- l'appui aux organismes publics des États-Unis,

- la coopération régionale en matière de sécurité,

- le renforcement des capacités de lutte antiterroriste des pays partenaires ;

- l'augmentation de l'aide humanitaire et de l'aide aux sinistrés,

- la promotion du respect des droits de l'homme,

- le soutien aux organisations régionales africaines.

- enfin, si besoin est, la conduite d'opérations militaires.

« Tout cela a déjà lieu aujourd'hui », a précisé l'amiral Moeller. « Toutefois, a-t-il ajouté, nous pensons que nous serons en mesure de mener toutes ces activités encore plus efficacement » en créant un commandement portant uniquement sur l'Afrique.

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