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2006-11-02

Le sous-secrétaire d'État, M. Burns, identifie les progrès et les défis en Afghanistan

Par David Shelby Rédacteur du Washington File

Washington - « L'Afghanistan a enregistré des progrès en matière de croissance et de stabilité depuis la chute du régime des talibans il y a cinq ans et les États-Unis continueront à aider le peuple afghan à faire face aux graves défis qui se présenteront », a déclaré le sous-secrétaire d'État, M. Nicholas Burns.

« La sécurité demeure notre principale priorité. Nous avons observé cette année une augmentation des attaques en Afghanistan, notamment dans le sud et l'est du pays », a affirmé M. Burns lors d'une conférence organisée à Washington le 31 octobre visant à mettre en contact des chefs d'entreprises américains et afghans. « Ces attaques ne représentent pas une menace stratégique pour le gouvernement central mais elles ont un impact considérable car elles empêchent le gouvernement d'asseoir son autorité dans tout le pays. »

M. Burns a ajouté que les talibans et d'autres éléments hors-la-loi ont essayé de mettre à l'épreuve la détermination des forces de l'OTAN récemment déployées dans le pays mais il a également précisé que « les contingents de l'OTAN ont prouvé la mesure de leur efficacité en remportant des victoires militaires contres les talibans ». Le sous-secrétaire d'État a salué l'aptitude croissante de l'armée et de la Police nationales afghanes à assurer les opérations de sécurité.

Il a expliqué que l'aspect le plus important de la stratégie conjointe en matière de sécurité des États-Unis et de l'Afghanistan reposait sur la construction de routes. « Les talibans s'imposent dans des zones échappant au contrôle de l'État et non accessibles par route ce qui leur permet d'agir en toute liberté », a-t-il déclaré. « La situation serait radicalement changée par la construction de routes. »

M. Burns a expliqué que plus de 1.500 kilomètres de routes ont été réalisés depuis les cinq dernières années. Ces travaux ont facilité le déplacement des forces de police et des unités de l'armée vers les zones dangereuses, amélioré l'économie en donnant des emplois aux Afghans et favorisé le transport des marchandises vers les marchés.

Le deuxième défi majeur identifié par M. Burns concerne l'essor du trafic de stupéfiants. S'appuyant sur des statistiques des Nations unies, il a dit que la récolte d'opium afghan en 2006 constituait la plus importante jamais enregistrée à ce jour.

« La culture du pavot entraîne la corruption, affaiblit le gouvernement afghan et sert à financer les groupes de terroristes et d'insurgés », a-t-il ajouté. « La situation est très inquiétante. »

M. Burns a indiqué que les États-Unis coopéraient avec le gouvernement afghan pour développer une stratégie globale de lutte contre le trafic de stupéfiants. Cette stratégie comprend un programme de cultures de substitution pour les paysans, des campagnes d'information publique, la répression de la toxicomanie et du trafic de drogues, la réforme du système judiciaire et l'éradication des cultures.

La province de Nangarhar a été citée en tant que modèle de réussite. Le gouverneur de la province a adopté en effet la politique d'éradication du gouvernement central et fournit aux paysans les semences, les équipements et le soutien nécessaires pour développer des cultures commerciales hautement rentables. Le résultat, a déclaré M. Burns, est que la culture du pavot a chuté de 96 % dans la province depuis deux ans.

M. Burns a poursuivi en expliquant que le développement des infrastructures était la clé de la croissance économique de l'Afghanistan. Il a déclaré qu'en plus des routes, les États-Unis finançaient de nombreux projets de production, de transmission et de distribution d'énergie. Le secteur privé est devenu le vecteur principal du développement en Afghanistan, a-t-il affirmé.

« Même si les États-Unis et les bailleurs de fonds internationaux peuvent aider l'Afghanistan à réunir les conditions d'une économie solide par le biais de la sécurité et des infrastructures, ils ne pourront faire cavalier seul. Une véritable relance doit faire appel à l'ingéniosité et à l'expertise du secteur privé », a-t-il dit.

M. Burns a ajouté que les États-Unis pourraient encourager la croissance économique en établissant des « zones prioritaires de reconstruction » qui offriraient un accès hors taxes au marché américain pour certains produits, soulignant toutefois que le secteur privé afghan devait saisir ces occasions et devenir le moteur du développement du pays.
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