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L'envoyé spécial du président Bush pour le Soudan, M. Andrew Natsios, a déclaré à la presse, le 7 août, qu'il se réjouissait de l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution accélérant le déploiement d'une force hybride au Darfour. Il a également jugé encourageants les résultats d'une réunion tenue à Arusha entre les représentants des diverses factions et pays intéressés, mais s'est inquiété de l'instabilité qui continuait de régner sur le terrain. On trouvera ci-après un extrait de ses propos.
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Département d'État des États-Unis
Bureau du porte-parole
Le 7 août 2007
Propos de l'envoyé spécial Andrew Natsios au sujet de la récente évolution de la situation au Soudan
Je suis rentré il y a près de trois semaines de mon dernier voyage au sud du Soudan, à Khartoum et au Darfour. Je me suis ensuite rendu à la conférence de Tripoli. La semaine dernière, nous avons franchi deux étapes essentielles du règlement du conflit au Darfour. La première a été franchie la semaine dernière, lorsque le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité une résolution accélérant le déploiement de la force hybride de l'ONU et de l'Union africaine de maintien de la paix, et que le gouvernement soudanais l'a acceptée. Mais aujourd'hui, je veux mettre l'accent sur l'aspect politique parce que la réunion d'Arusha (Tanzanie) s'est achevée il y a deux jours et qu'elle a redonné de l'élan à un processus qui, je l'espère, aboutira à un accord politique qui est le seul moyen de régler la crise au Darfour.
À maints égards, l'objectif de la force de maintien de la paix, au-delà de la protection des civils et de l'aide humanitaire, sera de mettre en œuvre un accord de paix. En fait, la chose est clairement énoncée dans la résolution. De nombreux rebelles m'ont dit qu'ils ne rendraient jamais leurs armes au gouvernement soudanais parce qu'ils ne lui faisaient pas confiance. Et je doute fort que les milices qui sont associées au gouvernement soudanais remettent leurs armes facilement aux rebelles. Il faudra donc un parti neutre, et c'est l'une des raisons d'être de la force de maintien de la paix.
Je pense que la réunion d'Arusha a été encourageante. Je me suis entretenu dimanche avec Jan Eliasson et il s'est félicité du déroulement des événements. Il a admis que les négociations avaient été difficiles et compliquées du fait du nombre de factions, de pays et de régions concernés. La façon dont un accord de paix au Darfour affecterait les autres régions du Soudan soulève également des questions dans le pays. Mais je pense que MM. Eliasson et Salim Salim ont été encouragés par la façon dont les diverses factions se sont entendues sur un projet commun. Il y a maintenant un calendrier lié à une série d'accords sur ce qui se passera lors d'une éventuelle conférence de paix.
Mais ce qui prime, de mon point de vue, c'est d'amener la population du Darfour à soutenir ce règlement. Il ne s'agit pas en effet uniquement d'avoir l'aval des commandants rebelles. Le soutien des chefs traditionnels, des cheikhs et des commandants des camps de déplacés est tout aussi nécessaire. Les associations de femmes et les ONG locales sont aussi importantes. (...) Sans soutien public, il n'y aura pas d'accord de paix.
Je tiens à dire une dernière chose : la situation que j'ai trouvée sur le terrain est très instable. Les choses changent rapidement. Des alliances entre divers groupes se font et se défont. Mais ce que j'ai remarqué, c'est que les commandants dans les camps de déplacés déploient un effort systématique pour inciter les gens à se concentrer sur les idées et non sur les factions ou sur certains dirigeants. Ils veulent qu'ils participent. Il ne s'agit pas d'une personne plus qu'une autre, ni d'un mouvement plus qu'un autre. C'est un phénomène que je n'avais pas observé lors de mes visites précédentes. Les gens accordent plus d'importance à leur identité et se concentrent sur leur souffrance commune plutôt que sur les factions. Ils ont un sens d'identité qui n'existait pas avant. J'en ai parlé à des responsables de l'ONU et d'ONG qui sont sur place, et ils m'ont dit avoir constaté la même chose.
Enfin, je tiens à dire que les gens dans ces camps sont persuadés de la nécessité d'une solution politique parce que sans cela, ils auront tout perdu. (...)
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