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2007-09-28

L'Africom vise à renforcer les capacités locales de défense et de solution de problèmes

Par Jim Fisher-Thompson Rédacteur de l'USINFO

Washington - Le nouveau commandement militaire régional des États-Unis pour l'Afrique (Africom) aura une mission radicalement différente de celle des autres commandements militaires américains, en ce qu'il vise à aider les appareils militaires africains à faire face aux conflits et à mettre en place des solutions africaines grâce au partage des connaissances et de l'expérience militaires.

« L'objectif principal n'est pas d'aller guerroyer sur le continent africain », a déclaré Mme Theresa Whelan, vice-ministre adjointe de la défense pour l'Afrique, « mais plutôt de renforcer la capacité militaire des Africains afin que ceux-ci puissent faire face eux-mêmes à toute agression, sans devoir solliciter l'aide militaire de la communauté internationale. »

La paix et la sécurité en Afrique s'inscrivent dans les priorités géopolitiques des États-Unis ; il s'ensuit que la mission de l'Africom consistera à collaborer avec les États africains à ces fins, a-t-elle affirmé à Washington lors d'un séminaire tenu récemment sur ce nouveau commandement sous les auspices de l'American Enterprise Institute (AEI).

Mme Whelan a poursuivi : « Nous espérons que les États africains pourront ainsi assurer leur sécurité dans leurs eaux territoriales, sur leur territoire, dans leur région et d'un bout à l'autre de leur continent. »

Les Africains « continueront d'avoir la maîtrise totale de leurs priorités sécuritaires » et l'Africom, loin de chercher à « imposer des solutions américaines » aux problèmes de l'Afrique, « veut renforcer ce que les Africains ont déjà construit », par exemple le dispositif de maintien de la paix de l'Union africaine, afin de le rendre plus efficace.

Le général de l'armée de terre William Ward, qui a été nommé au commandement de l'Africom, a déclaré, lors de la séance récente tenue au Sénat en vue de sa confirmation à ce poste, que l'efficacité de l'Africom serait précisément mesurée « selon qu'il aura contribué directement à la stabilité, à la sécurité, à la santé et au bien-être des institutions, des États et des peuples de l'Afrique ». Ses tâches seront donc axées sur le maintien de la paix, sur l'amélioration de la sécurité maritime et frontalière et sur la lutte antiterroriste.

L'Africom aidera en outre les États intéressés à accroître la responsabilité de l'État envers le peuple, a ajouté le général Ward lors de cette séance tenue le 27 septembre. Ses autres activités se rapporteront à l'aide humanitaire, au déminage, à l'aide d'urgence en cas de catastrophe naturelle et à la réforme de la politique de sécurité.

Depuis 1983, les États-Unis ont réparti leur présence militaire en Afrique entre le Commandement européen (Eucom), ayant son quartier général à Stuttgart en Allemagne et qui est responsable de la plus grande partie du continent, le Commandement central (Centcom), situé en Floride, qui s'occupe de la Corne de l'Afrique, et le Commandement pacifique (Pacom), basé dans les îles Hawaï et qui est chargé de la région Asie-Pacifique et d'un certain nombre d'États insulaires de l'océan Indien, telles que Maurice.

L'Africom démarre officiellement ses opérations en octobre 2007. Il lui faudra environ un an pour devenir pleinement opérationnel. Son quartier général, qui sera responsable de toute l'Afrique à l'exception de l'Égypte, se situera à Stuttgart pendant la phase de transition.

Mme Whelan a souligné qu'il n'y aurait aucune nouvelle base militaire américaine en Afrique. La présence des États-Unis sera modeste car seul un cinquième au plus des effectifs du commandement sera stationné en Afrique, a-t-elle dit.

L'un des objectifs clés du commandement sera d'aider les Africains à créer une force de réserve de 25.000 soldats maximum sous les auspices de l'Union africaine. Un tel contingent pourra répondre rapidement aux conflits susceptibles d'éclater en Afrique sans avoir à attendre une réaction de l'Organisation des Nations unies, a souligné Mme Whelan.

Le ministère de la défense et le département d'État administrent déjà des programmes de coopération militaire avec certains États africains à hauteur de 250 millions de dollars par an, et « cela ne changera pas », a-t-elle déclaré à son auditoire de l'AEI qui comprenait notamment le ministre de la défense du Liberia et nombre de chargés militaires et de représentants civils d'ambassades d'autres pays africains à Washington.

Le général Ward, qui occupait précédemment le poste de numéro deux au commandement de l'Eucom, a affirmé que les programmes de coopération en matière de sécurité demeuraient les fondements de la stratégie américaine de « consolidation de la sécurité collective » en Afrique.

La grande leçon des opérations dans les Balkans, en Afghanistan et en Irak, a dit Mme Whelan, est « que l'on ne peut favoriser la sécurité et la stabilité dans le vide. Ces améliorations sont toujours liées à d'autres éléments, tels que la bonne administration des affaires publiques, la primauté du droit, les possibilités de progrès économiques, etc. »

Certes, de telles préoccupations n'entrent pas normalement dans le cadre de la mission du ministère américain de la défense, mais « si on veut réussir cette mission (de sécurité), il faut pouvoir travailler dans un cadre intégré et coopératif avec les organismes chargés de ces dossiers », notamment le département d'État, le ministère du commerce et l'Agence des États-Unis pour le développement international.

En fin de compte, cette approche plus intégrée de l'Africom « permettra aux États-Unis de jouer un rôle de soutien plus actif et plus efficace » au sein du dispositif sécuritaire africain et, partant, de renforcer les relations américano-africaines. La consolidation de ces relations rendra possibles des progrès sur la voie de l'objectif mutuel « d'un avenir brillant, chargé de promesses et de possibilités de développement pour tous les États africains. »

Pour des informations complémentaires, voir le site d'Africom de l'USINFO.

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