Par David McKeeby
Rédacteur
Washington - L'amélioration de la situation en Irak en matière de sécurité traduit, selon le président Bush, « un grand changement d'ordre stratégique » qui permettra aux Irakiens de continuer de faire des progrès dans les domaines politique et économique.
« Notre tâche dans la période à venir, a dit M. Bush, consistera à nous tenir aux côtés du gouvernement irakien alors qu'il fera des choix difficiles et qu'il assumera la responsabilité d'assurer la sécurité et l'avenir du pays. Il est clair que nous sommes sur la bonne voie. »
La déclaration du président le 10 avril a fait suite à deux journées pendant lesquelles l'ambassadeur des États-Unis en Irak, M. Ryan Crocker, et le commandant des forces de la Coalition, le général David Petraeus, ont présenté un rapport sur la situation en Irak devant deux commissions du Sénat et deux commissions de la Chambre des représentants. Ils ont qualifié de « fragiles et réversibles » les progrès réalisés en Irak depuis l'envoi en 2007 de 30.000 soldats américains supplémentaires afin d'aider les Irakiens à chasser les extrémistes et à ouvrir la voie aux réformes politiques, à la reconstruction et au développement économique.
Le président a indiqué qu'il donnerait suite aux recommandations soumises par M. Crocker et par le général Petraeus, dont celle relative au retrait de 5 brigades d'ici au 31 juillet, ce qui réduira de 25 % le nombre des soldats américains en Irak. Ce retrait sera suivi d'une période de consolidation et d'évaluation d'une durée de quarante-cinq jours, qui précédera l'élaboration de nouvelles recommandations.
Les unités de l'armée et de la police irakiennes jouent un rôle croissant, a-t-il dit en ajoutant que les États-Unis continueraient de fournir une formation professionnelle, du matériel et un soutien en vue d'assurer la sécurité dans le pays tout en transmettant l'autorité en matière de sécurité aux provinces lorsqu'elles seraient en mesure de l'assumer.
Dans le domaine politique, a-t-il dit, on observe des progrès au niveau local alors que les autorités dans les provinces et les chefs de tribu œuvrent de concert pour créer des institutions politiques locales et que les dirigeants au niveau national adoptent trois grandes réformes et un budget et préparent des élections aux niveaux provincial et national. « Au fur et à mesure que les dirigeants irakiens œuvrent de concert, ils partagent le pouvoir et transigent au nom de leur pays. »
Dans le domaine économique, l'Irak progresse, ce qui devrait aussi modifier le rôle des États-Unis dans ce pays, a fait remarquer M. Bush. L'amélioration de la sécurité a permis la création d'entreprises, et les réformes font que le gouvernement national commence à partager les recettes pétrolières avec les provinces. « Au cours de la période à venir, l'économie irakienne se passera de plus en plus de l'aide américaine, reposera sur les investissements du secteur privé et deviendra autonome. »
Le président a exhorté les États arabes à se joindre aux États-Unis pour encourager la réalisation de nouveaux progrès. Il a annoncé que M. Crocker et le général Petraeus se rendraient en Arabie saoudite pour informer les dirigeants de ce pays de la situation en Irak et que des diplomates américains s'entretiendraient avec des responsables de la Jordanie, des Émirats arabes unis, du Qatar, du Koweït et de l'Égypte en vue de la réouverture de l'ambassade de ces pays à Bagdad.
« Un Irak stable, prospère et indépendant est dans l'intérêt stratégique des États arabes, et tous ceux qui souhaitent la paix au Moyen-Orient devraient appuyer un Irak stable et démocratique, a-t-il souligné. Nous allons inciter tous les pays à accroître leur soutien cette année. »
M. Bush a cependant déclaré qu'il restait des problèmes graves et complexes, dont celui que représentait le maintien du rôle des militants auxquels l'Iran apportait un soutien.
« Le gouvernement de Téhéran, a-t-il dit, a aussi un choix à faire. Vivre en paix avec son voisin, entretenir des relations économiques, culturelles et religieuses solides ou continuer d'armer, d'entraîner et de financer des groupes de militants illégaux qui terrorisent la population irakienne et qui la dressent contre l'Iran. Si l'Iran fait le bon choix, les États-Unis encourageront des relations pacifiques entre l'Iran et l'Irak. Si l'Iran fait le mauvais choix, les États-Unis agiront pour protéger leurs intérêts, leurs soldats et leurs partenaires irakiens. »
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