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2006-12-06

Le Conseil de sécurité de l'ONU autorise l'envoi d'une force régionale en Somalie

Par Judy Aita Correspondante de l'USINFO

New York (Nations unies) - Le Conseil de sécurité a décidé à l'unanimité, le 6 décembre, de soutenir une force régionale de paix en Somalie.

Les États-Unis sont à l'origine de la résolution adoptée par le Conseil de sécurité et coparrainée par la République du Congo, le Ghana et la Tanzanie. Dans cette résolution, le Conseil de sécurité autorise l'Autorité intergouvernementale de développement (IGAD) et l'Union africaine « à établir une mission de protection et de formation en Somalie », dont il examinera les résultats à l'issue d'une période initiale de six mois.

Le représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU, M. John Bolton, a déclaré que son pays considérait « le déploiement d'une force régionale en Somalie comme un élément essentiel de la prévention de conflits » et comme « un élément critique susceptible de permettre de reprendre un dialogue crédible » entre les Institutions fédérales de transition et l'Union des tribunaux islamiques.

Ce déploiement, a-t-il dit au Conseil de sécurité, « permettra aussi de créer les conditions nécessaires au désengagement de l'Éthiopie et de l'Érythrée de la Somalie ».

« Les États-Unis, a-t-il ajouté, sont fermement convaincus qu'une solution durable en Somalie devrait se fonder sur un dialogue crédible entre les Institutions fédérales de transition et l'Union des tribunaux islamiques, et nous continuons d'œuvrer de concert avec nos partenaires africains et autres à cette fin.

« L'expansion militaire croissante de l'Union des tribunaux islamiques ne contribue pas cependant à favoriser un dialogue et a en fait créé le besoin du déploiement d'une force régionale en vue de stabiliser la situation en Somalie. »

À l'issue de la réunion du Conseil de sécurité, M. Bolton a déclaré à la presse que la nouvelle résolution allait permettre le déploiement en Somalie d'une force régionale de paix chargée de tenter d'y empêcher l'aggravation de la situation.

« Le choix de ne rien faire n'est vraiment pas un choix, a-t-il fait remarquer. L'autre possibilité est que l'instabilité que nous observons en Somalie depuis une quinzaine d'années se répande dans les pays environnants. »

On critique souvent le Conseil de sécurité pour ne pas avoir agi à temps, a-t-il dit. Le soutien apporté au déploiement d'une force régionale de maintien de la paix en Somalie est une façon dont cet organe de l'ONU peut tenter de prévenir l'aggravation de la situation. « Nous prenons parti pour la population somalienne qui a réellement besoin qu'on l'aide à se sortir d'un conflit qui dure depuis trop longtemps. »

La nouvelle résolution « ne constitue peut-être pas une solution complète de ce problème. C'est une des raisons pour lesquelles nous encourageons la médiation de diverses parties et les pourparlers entre toutes les factions somaliennes. C'est là quelque chose de fondamental. »

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité met l'accent sur la nécessité de la poursuite d'un « dialogue crédible » entre les Institutions fédérales de transition et l'Union des tribunaux islamiques et demande instamment aux deux camps de s'acquitter des engagements qu'ils ont pris et de reprendre les négociations de paix « sans délai ».

Il entend aussi envisager de prendre des mesures contre ceux qui entraveraient les négociations de paix, qui tenteraient de renverser les Institutions fédérales de transition ou qui porteraient atteinte à la stabilité régionale. Il ne fait état d'aucune mesure particulière, mais en général ces mesures consistent en des sanctions.

Selon la résolution, la mission de maintien de la paix devrait être chargée de maintenir la sécurité à Baidoa (siège des Institutions fédérales de transition), de protéger les membres des Institutions fédérales de transition et du gouvernement ainsi que leurs principales infrastructures, de former les forces de sécurité des Institutions fédérales de transition et de contribuer à faciliter le rétablissement des forces nationales somaliennes de sécurité.

Le Conseil de sécurité encourage les États membres de l'ONU à fournir des ressources financières à cet effet. Les décisions au sujet de la taille et de la composition de cette force sont laissées à l'IGAD, qui a prévu une force de 8.000 soldats provenant de ses 7 États membres.

Le Conseil de sécurité approuve aussi le plan de déploiement de l'IGAD, qui exclut des troupes provenant d'États limitrophes de la Somalie.

Il allège aussi l'embargo sur les armes qu'il avait décrété en 1992 en déclarant que cet embargo ne s'appliquera pas « aux livraisons d'armes et d'équipement militaire ni à la formation et à l'assistance techniques visant uniquement à appuyer » les forces de l'IGAD « ou destinées à leur usage ».

L'IGAD sera aussi chargée de suivre les progrès réalisés par les deux camps en ce qui concerne l'application des accords issus des pourparlers et d'assurer la liberté de mouvement et la circulation en toute sécurité de tous ceux qui prennent part aux pourparlers.
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