La Somalie risque d'attirer les terroristes, estime Mme Frazer
La conférence de presse à Nairobi de la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines
Par Charles W. Corey
Rédacteur du « Washington File »
Washington - Il est très important que toutes les parties en Somalie cessent tout de suite les hostilités et entament un dialogue entre elles, a déclaré Mme Jendayi Frazer, lors de la conférence de presse qu'elle a donnée le 21 juin à Nairobi, dans le cadre de sa première visite officielle au Kenya en qualité de secrétaire d'État adjointe des États-Unis aux affaires africaines.
Elle a indiqué qu'elle était venue à Nairobi apporter un message de la part du Groupe international de contact sur la Somalie, qui s'était réuni le 15 juin à New York. Il s'agit d'un message de soutien au gouvernement fédéral de transition de la Somalie, a-t-elle souligné en incitant toutes les parties à rétablir la paix et à favoriser la réconciliation.
Mme Frazer a également exprimé son inquiétude au sujet de la situation en matière de sécurité dans la corne est de l'Afrique et de la possibilité que la Somalie devienne un refuge pour les terroristes.
Pendant sa visite officielle, elle s'est entretenue avec des membres du gouvernement fédéral de transition de la Somalie, le président Abdullahi Yusuf Ahmed, le premier ministre, M. Ali Mohamed Gedi, et le président du Parlement, M. Sharrif Hassan.
Elle s'est déclarée « très encouragée » par le fait que ces trois hommes se rendaient à Karthoum (Soudan) en vue de se réunir pour la première fois avec des représentants de l'Union des tribunaux islamiques, qui est maintenant maître de la capitale de la Somalie, Mogadiscio, après des semaines de combat. Elle a félicité les trois dirigeants du gouvernement de transition d'avoir pris l'initiative pour rétablir la paix et la stabilité dans leur pays.
La politique somalienne des États-Unis est toujours la même, a-t-elle dit. « Nous craignons que la Somalie devienne un refuge pour les terroristes. Nous nous préoccupons en particulier de la présence en Somalie, à l'heure actuelle, de personnes qui ont joué un rôle dans l'exécution des attentats dirigés contre notre ambassade tant au Kenya qu'en Tanzanie, dans la préparation des attentats contre le Kenya, contre l'hôtel à Mombasa et contre l'avion de ligne israélien. Nous continuerons de poursuivre l'objectif consistant à faire traduire en justice les responsables. »
À propos de l'Union des tribunaux islamiques et de la politique des États-Unis, Mme Frazer a dit : « Nous réservons notre jugement. Ils (les responsables de l'Union des tribunaux islamiques) ont pris contact avec nous et avec le Groupe international de contact sur la Somalie (…) Ils ont indiqué qu'il souhaitaient œuvrer en faveur de l'avenir de la Somalie. Ils n'ont pas l'intention d'être un gouvernement de remplacement. Ils ne tentent pas de déstabiliser le gouvernement fédéral de transition. À cet égard, nous sommes dans une situation d'attente. Nous les avons incités tout particulièrement à entamer un dialogue avec le gouvernement fédéral de transition. »
L'Union des tribunaux islamiques, a-t-elle expliqué, constitue un « groupe très hétérogène » composé aussi bien de modérés que de tenants d'une ligne dure. Il importe que ses responsables entrent en relation avec le gouvernement fédéral de transition pour faire connaître leurs intentions.
La secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines a également parlé de l'initiative du président Bush contre le terrorisme en Afrique de l'Est, qui visait à empêcher que cette partie du monde ne devienne une base pour les agents du réseau Al-Qaïda. La Somalie est un cas classique d'État en situation d'échec, a-t-elle dit en ajoutant qu'il fallait l'aider à mettre en place des institutions politiques.
La lutte mondiale contre le terrorisme, a-t-elle indiqué, consiste en partie à échanger des informations et à traduire en justice les terroristes. « Notre politique continue donc de se concentrer sur ces domaines prioritaires, à savoir les mesures antiterroristes, le soutien au gouvernement fédéral de transition en Somalie, l'aide à la population somalienne et le renforcement de la coopération régionale contre la criminalité, le trafic d'armes et le terrorisme. »
Par ailleurs, Mme Frazer a indiqué qu'elle s'était entretenue avec le ministre kényan des affaires étrangères, M. Raphaël Tuju, des relations entre les États-Unis et le Kenya, ainsi que de questions ayant trait à l'ensemble de l'Afrique de l'Est, à la Somalie et au Soudan.
Elle s'est également entretenue avec le chef de l'opposition au Kenya, M. Uhuru Kenyatta, et avec quelques-uns de ses collègues au sujet du rôle du Parlement et de la démocratie.
Mme Frazer devait se rendre ensuite à Djibouti et en Éthiopie pour conférer avec les responsables de ces pays sur la question de la Somalie.
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