Par Charles W. Corey
Rédacteur
Kigali (Rwanda) - Lors du troisième arrêt de sa tournée dans 5 pays africains, le président George W. Bush a annoncé une initiative en faveur de la formation de soldats au maintien de la paix au Darfour, signé un traité bilatéral d'investissement avec le Rwanda et déclaré aux Rwandais que le Corps de la paix enverrait de nouveau des volontaires dans leur pays pour la première fois depuis 1993.
M. Bush a fait état de ces nouvelles à l'occasion de la conférence de presse qu'il a donnée avec le président de la République rwandaise, M. Paul Kagamé, à la suite de longs entretiens qui ont porté sur des questions relatives aussi bien au Rwanda qu'à d'autres pays africains, telles que le rétablissement de la paix au Darfour (Soudan) et dans la partie est du Congo.
Au sujet de l'initiative en faveur de la formation au maintien de la paix, dont la dotation est de 100 millions de dollars, il a déclaré : « Nous coopérons pour faire face à la violence et au génocide qui ont lieu au Darfour. » Le président a indiqué qu'il n'avait pas été surpris que le Rwanda eût été le premier pays à être disposé à envoyer des soldats pour assurer le maintien de la paix dans cette partie du Soudan. Il en a remercié le président Kagamé tout en disant que le Rwanda était l'un des pays qui contribuaient le plus à la paix et à la stabilité au Darfour.
Les États-Unis, a-t-il rappelé à son auditoire, ont contribué à la formation de plus de 7.000 soldats rwandais et fourni plus de 17 millions de dollars pour les équiper et les transporter au Darfour.
Le président Kagamé et lui, a-t-il dit, sont d'accord pour dire que « le rôle des États-Unis est d'aider les Africains à s'attaquer aux problèmes africains » et que le génocide au Darfour constitue un de ces problèmes.
Sur les 100 millions de dollars destinés à financer la Mission de maintien de la paix des Nations unies au Darfour, environ 12 millions iront au Rwanda en vue de la formation de nouveaux soldats et de l'achat des véhicules dont ceux-ci auront besoin. Le Burkina Faso, l'Éthiopie, le Ghana, le Malawi, le Sénégal et la Tanzanie recevront également une aide financière à cet effet.
Le président Bush a lancé un appel pour que d'autres pays participent à la solution de ce problème. Les États-Unis, a-t-il dit, « aideront en appliquant des sanctions. Nous aiderons en exerçant des pressions et en fournissant une aide financière pour transporter les forces de maintien de la paix d'une manière efficace. »
Les entretiens entre les présidents Bush et Kagamé ont aussi porté sur l'économie, notamment sur le traité bilatéral d'investissement qu'ils ont signé avant leur conférence de presse. Ce traité, a dit M. Bush, constitue un moyen de faire savoir aux entreprises américaines qu'elles devraient envisager d'investir au Rwanda, car les investissements du secteur privé contribuent beaucoup plus à susciter une croissance économique durable que l'aide publique. Ce traité comprend des dispositions offrant une protection aux entreprises américaines qui investissent au Rwanda et encourage la transparence et une protection juridique pour tous.
M. Bush a aussi fait état des résultats de son initiative en faveur de la lutte contre le paludisme (PMI) au Rwanda, qui a pour objectif la pulvérisation d'insecticide dans plus 350.000 logements et la distribution de médicaments antipaludéens à 900.000 personnes.
Pour ce qui est du sida, il a déclaré que son plan d'aide d'urgence à la lutte contre le sida à l'étranger (PEPFAR) avait permis de fournir des médicaments antirétroviraux à 44.000 séropositifs rwandais, ainsi qu'à 650.000 Rwandaises enceintes afin d'éviter la transmission du virus du sida de la mère à l'enfant. Il s'agit là d'un bon début, a-t-il dit tout en indiquant qu'il avait demandé aux parlementaires américains de doubler les crédits budgétaire du PEPFAR pour les faire passer de 15 milliards de dollars répartis sur une période de cinq ans à 30 milliards répartis également sur une période de cinq ans.
De son côté, le président Kagamé a rendu hommage au président Bush pour le grand intérêt qu'il portait à l'Afrique. Il a dit que la conclusion du traité bilatéral d'investissement illustrait les valeurs que les États-Unis et le Rwanda partageaient, à savoir la nécessité d'investir dans le domaine social, d'encourager la démocratie et d'instaurer un gouvernement accessible et transparent répondant aux besoins de la population.
Le Rwanda, a-t-il dit, est maintenant un pays bien différent de ce qu'il était lors du génocide de 1994 qui a causé la mort de plus de 800.000 Rwandais. La scolarisation des enfants atteint près de 96 %, le pourcentage des personnes vaccinées est de 95 %, tout cela grâce à l'aide des États-Unis.
En outre, grâce à la PMI et au PEPFAR, des milliers de mères et d'enfants qui auraient pu être victimes du paludisme ou du sida sont toujours en vie.
Après leur déclaration liminaire, les deux présidents ont répondu aux questions de la presse.
Au sujet du génocide rwandais, M. Bush a déclaré que les États-Unis appuyaient les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU visant « ceux qui perpétuaient la violence » au Rwanda et qu'ils avaient fait connaître leur position à ce sujet.
Il a indiqué que sa visite du centre érigé à Kigali à la mémoire des victimes du génocide avait eu un « profond effet » sur lui. Il faut, a-t-il dit, que le monde se demande ce qu'il peut faire pour prévenir de telles atrocités et qu'il prête attention aux signes avant-coureurs de manière à prévenir une crise.
En cas de crise, il faut avoir le mandat nécessaire pour envoyer des forces de manière à faire face à la situation. C'est ce qui se passe avec le Darfour. « Nous sommes satisfaits du mandat adopté pour le Darfour ; il reste maintenant à envoyer les forces nécessaires pour sauver la vie des victimes. »
M. Bush a également dit qu'il avait été impressionné par le redressement du Rwanda après le génocide de 1994.
Il est parti en fin de journée à destination du Ghana, puis du Libéria. Avant le Rwanda, il s'était arrêté au Bénin et en Tanzanie.
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