Par Kathryn McConnell
Rédactrice de l'USINFO
Washington - Lorsque des responsables des États-Unis, d'organisations internationales, d'entreprises, d'organisations non gouvernementales et d'associations confessionnelles se réuniront le 14 décembre dans la capitale des États-Unis, ils donneront une nouvelle impulsion à des partenariats ambitieux entre le secteur public et le secteur privé destinés à lutter contre le paludisme.
« Nous pouvons juguler le paludisme grâce à des partenariats », a déclaré à la presse M. Tim Ziemer, qui est à la tête de l'Initiative du président Bush contre le paludisme, au sujet du Sommet de la Maison-Blanche sur le paludisme que Mme Laura Bush a annoncé en août et qui va avoir lieu le 14 décembre.
Les délégués à cette réunion commenceront par préparer une autre réunion visant à sensibiliser l'opinion publique aux conséquences du paludisme, qui touche de façon disproportionnée les enfants âgés de moins de 5 ans et les femmes enceintes, a indiqué pour sa part le président de l'association sans but lucratif Malaria No More, M. John Bridgeland.
Ils chercheront aussi à inciter aussi bien les grands mécènes, les particuliers que les pouvoirs publics à jouer un rôle dans la prévention du paludisme en apportant une aide financière destinée à l'achat de moustiquaires. Selon M. Bridgeland, une moustiquaire imprégnée d'insecticide, coûtant dix dollars, peut sauver une vie si on s'en sert correctement.
Les programmes de sensibilisation financés par les secteurs tant public que privé, a indiqué M. Ziemer, permettent aussi de donner une formation à des agents sanitaires au niveau local pour qu'ils montrent aux personnes qui recevront une moustiquaire comment l'utiliser dans les pays impaludés.
Un nombre croissant d'entreprises informent leurs salariés, leurs fournisseurs et leurs clients sur cette maladie souvent mortelle et les incitent à participer à la lutte contre le paludisme, a précisé M. Bridgeland. Il a ajouté que son association était active dans de nombreuses écoles des États-Unis et qu'elle informait les élèves sur cette maladie.
Pour sa part, M. Ziemer a fait remarquer que la participation des pouvoirs publics et des médias était essentielle pour sensibiliser l'opinion publique aux effets de cette maladie infectieuse.
Lancée en 2005, l'Initiative du président Bush contre le paludisme porte sur les 15 pays, tous africains, les plus touchés par le paludisme. À ce jour, les États-Unis, qui se sont engagés à consacrer 1,2 milliard de dollars à la lutte contre le paludisme sur une période de cinq ans, ont déboursé 330 millions de dollars à cet effet.
M. Ziemer a souligné que les États-Unis étaient le pays dont la contribution à la lutte contre le paludisme dans le monde était la plus importante. Par exemple, a-t-il dit, ils versent un tiers des fonds destinés au budget du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et financent également les programmes de la Banque mondiale dans ce domaine.
Selon une note d'information du site de l'internet « U.S. Sustainable Development Partnerships », le paludisme tue, tous les ans, plus de 2 millions de personnes en Afrique. Quelque 300 à 500 millions de personnes sont atteintes de cette maladie.
Un grand nombre de familles consacrent environ 20 % de leur revenu à un traitement antipaludéen, et près de 40 % du budget des établissements de santé publique vont aux soins accordés aux paludéens. Tous les ans, les pays africains impaludés perdent de ce fait 3 milliards de dollars, ce qui cause un ralentissement de leur croissance économique.
Parmi les participants au Sommet de la Maison-Blanche figureront le président Bush et son épouse, Mme Laura Bush, la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, la ministre de l'éducation, Mme Margaret Spellings, la directrice générale de l'UNICEF, Mme Ann Veneman, le président de la Banque mondiale, M. Paul Wolfowitz, la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé, Mme Margaret Chan, la coprésidente de la Fondation Bill et Melinda Gates, Mme Melinda Gates, ainsi que des représentants de grandes organisations non gouvernementales telles que la Croix-Rouge et United Way.
Mme Gates devrait annoncer lors de la réunion une augmentation de la contribution de sa fondation aux travaux de recherche destinés à mettre au point un vaccin et à l'accroissement de la lutte contre le paludisme dans les pays fortement touchés par cette maladie. Cette augmentation ferait passer la contribution de la Fondation Bill et Melinda Gates à près de 766 millions de dollars.
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