Par Jim Fisher-Thompson
Correspondant du « Washington File »
Kinshasa (République démocratique du Congo) - De l'avis de M. André Kapanga, conseiller spécial du président de la République démocratique du Congo (RDC), M. Joseph Kabila, l'aide qu'apporteront les États-Unis à l'organisation des prochaines élections devrait permettre à ce pays de les mener à bien.
M. Kapanga a exprimé ce point de vue le 31 mai, lors d'un déjeuner organisé par M. Tom Dougherty, chef adjoint de la mission des États-Unis en RDC.
Prévues pour le 30 juillet, les élections seront les premières élections libres tenues à l'échelle nationale depuis que le pays a obtenu son indépendance de la Belgique, il y a 46 ans. Elles sont l'extension naturelle de l'accord conclu entre les diverses factions politiques et signé en décembre 2002 à Sun City, en Afrique du Sud. Du fait de cet accord, un gouvernement provisoire a été mis en place qui a dû incorporer des membres de nombreux partis politiques - il a quatre vice-présidents - et qui n'a pas toujours eu la tâche facile.
Pour ce qui est des prochaines élections, quelque 216 partis sont officiellement autorisés à y être représentés, notamment plusieurs partis déjà représentés au niveau ministériel dans le gouvernement temporaire. Trente-trois candidats, dont M. Kabila, briguent la présidence, et 9.000 politiciens briguent l'un des 500 sièges du Parlement.
L'Union européenne a fourni une grosse partie des quelque 400 millions de dollars qui visent à appuyer le processus électoral, notamment dans le domaine de la sécurité mais, a indiqué M. Kapanga, la contribution des États-Unis qui représente 27 % du budget de la Mission d'observation des Nations unies au Congo (MONUC), dont les 18.000 hommes appuieront les élections en assurant notamment la sécurité, n'est pas négligeable non plus.
Appui des États-Unis à la démocratie
« Nous sommes très satisfaits de l'aide que les États-Unis nous donnent dans d'autres domaines qui sont extrêmement importants pour l'élaboration d'une démocratie durable dans le pays », a souligné M. Kapanga, en particuier l'appui qu'apportent les États-Unis à la formation des officiers de la nouvelle armée de la RDC qui auront un important rôle à jouer au plan de la sécurité dans la partie orientale du Congo, où des rebelles et des milices s'affrontent aux forces de la MONUC pour avoir la mainmise sur les vastes ressources naturelles de la région.
Depuis la signature de l'accord à Sun City, l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a versé une aide de 9 millions de dollars pour faciliter la réinsertion des anciens combattants.
Au plan diplomatique, a expliqué M. Kapanga, « les États-Unis, par le truchement du département d'État, n'ont ménagé aucun effort pour renforcer la confiance » entre les quatre pays participant aux pourparlers de paix - RDC, Rwanda, Burundi et Ouganda - qui ont commencé en octobre 2004, afin de régler les différends.
La sous-commission sur la sécurité et la défense, l'une des commissions créées dans le cadre du processus de paix, a tenu une réunion les 26 et 27 mai à Kigali (Rwanda) à laquelle participait le sous-secrétaire d'État adjoint pour les affaires africaines, M. Donald Yamamoto. Ce dernier a travaillé avec les délégués à la réunion pour parvenir à des accords sur le partage des informations relatives aux déplacements des rebelles et sur une liste de personnes devant faire l'objet de sanctions.
« Ce processus qui se poursuit (il s'agissait de la 14e réunion des représentants des pays participant aux pourparlers de paix depuis 2004) est inextricablement lié à nos élections, car si nous maintenons le dialogue, il sera plus difficile pour quiconque de profiter de la situation politique (en voulant faire croire que le gouvernement de la DRC n'a pas le contrôle de ses provinces orientales) », a souligné M. Kapanga.
Et d'ajouter : « Lorsque nous avons lancé ce processus, il nous était très difficile de nous asseoir à la même table que les Rwandais. Aujourd'hui, nous entretenons de bonnes relations et travaillons ensemble à trouver des solutions à nos préoccupations mutuelles en matière de sécurité. Et c'est à toutes les réunions que nous avons eues dans le cadre du processus « tripartite » que nous le devons. »
En 1998, le Rwanda et l'Ouganda attaquèrent la RDC, ouvrant la voie à une guerre qui dura près de 4 ans et qui, avant la signature de l'accord de Sun City, impliqua huit pays africains.
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