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2004-11-29

Le secrétaire d’État Bloomfield présente la position des États-Unis sur les mines terrestres

Veuillez noter qu'il s'agit d'une traduction non-officielle, mise à disposition pour votre commodité par le bureau des Affaires Publiques, ambassade des Etats-Unis, Bruxelles.

Élimination de la menace de toutes les mines terrestres

de Lincoln Bloomfield

Alors que les nations se rassemblent à Nairobi pour la première Conférence d’examen pour la "Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction ", plus connue comme la Convention d’Ottawa, c’est le moment de regarder en arrière, et vers l’avant, quant au défi de l’élimination des dangers que constituent les mines terrestres restant dangereuses durant des mois ou même des années après la fin du conflit.

Des millions de mines terrestres antipersonnel et anti-véhicule persistantes reposent dans 60 pays du monde, chassant les agriculteurs de leurs champs, les villageois de leur maison, et les enfants de leurs écoles et des plaines de jeu. Les États-Unis ont fait face à la gravité de ce problème humanitaire et partagent une cause commune avec tous ceux qui tentent de protéger les civils innocents des mines terrestres utilisées sans discernement.

Avec des dépenses de près d’un milliard de dollars, les États-Unis sont le principal donneur à la lutte humanitaire contre les mines et ont été actifs dans cet effort important depuis 1988. Durant ce temps, de grandes avancées ont été réalisées dans la réduction de la menace de mines terrestres et nous savons que la lutte coordonnée, ciblée contre les mines peut nettement réduire la fréquence des victimes. Les détails sur les efforts de la lutte contre les mines sont disponibles pour le public à l’adresse http://www.state.gov/t/pm/wra

À l’occasion de cette première conférence d’examen de la Convention d’Ottawa, les États-Unis tiennent à saluer toutes les nations qui ont pris des mesures pour débarrasser le monde de la menace de mines terrestres. Les États-Unis, ayant décidé de ne pas signer la Convention d’Ottawa pour des raisons valables de sécurité, n’ont pas assisté à la conférence. Nous accueillons, cependant, favorablement l’engagement des pays rassemblés à Nairobi et apprécions l’aimable hospitalité du Gouvernement de Kenya pour cet événement.

Pour toutes ces avancées qui seront relevées lors de la conférence, la Convention d’Ottawa ne représente pas une solution complète. Si, comme nous le pensons, notre objectif commun consiste à résoudre l’ensemble du problème des mines terrestres, nous aurons besoin d’approches et d’actions qui vont au-delà de la Convention d’Ottawa en nous attaquant à toutes les mines terrestres restantes, quelle que soit leur taille. Alors que les pays réunis à Nairobi continuent à poursuivre une initiative visant les mines terrestres antipersonnel, nous appelons également toutes ces nations, qu’elles aient signé le traité ou pas, à prendre des mesures concrètes spécifiques pour réduire les dégâts causés par toutes les mines laissées dans la terre après le conflit, y compris des mines terrestres anti-véhicule.

À cette fin, les États-Unis ont annoncé une nouvelle politique de mines terrestres en février qui se concentrait sur la caractéristique qui rend la plupart des mines aussi dangereuses pour les civils : leur nature persistante. Le Président s’est engagé à ce que, après 2010, les États-Unis n’aient plus de mines terrestres de tout genre qui se détruisent ou s’activent automatiquement après une période déterminée, généralement après quelques heures mais en aucun cas plus de 90 jours après le déploiement. La politique des États-Unis couvre donc toute une classe de mines terrestres mortelles (mines anti-véhicule) non abordées par la Convention d’Ottawa. Nous avons proposé que d’autres pays se joignent aux États-Unis lors de la Conférence sur le désarmement pour interdire la vente ou l’exportation de toutes ces mines persistantes.

En outre, les États peuvent maintenant agir pour se joindre aux efforts réalisés dans le contexte de la Convention sur certaines armes classiques afin d’aborder les aspects les plus dangereux des mines anti-véhicule.

Il revient maintenant à la politique des États-Unis d’éliminer notre stock de mines non détectables. Ces mines constituent un risque extraordinaire pour les démineurs étant donné que ces mines ne peuvent être localisées à l’aide des détecteurs de métal standard. Il n’y a pas de disposition de ce genre dans la Convention d’Ottawa. Nous encourageons tous les pays à nous rejoindre pour aborder le problème de la détectabilité des mines terrestres et prendre des engagements fermes pour supprimer ces mines de leurs stocks.

Finalement, et plus important encore, nous avons promis d’augmenter de 50 pourcent notre financement de la part du Département d’État américain pour la lutte humanitaire des États-Unis contre le programme des mines. Le Congres a maintenant voté pour soutenir la demande du Président. Le budget total actuel pour la lutte humanitaire des États-Unis de l’exercice 2005 avoisine les $100 millions. Nous encourageons fortement les autres pays à augmenter dans la même mesure leur budget de lutte humanitaire contre les mines.

Les États-Unis accueillent favorablement l’accueil et l’engagement de ceux qui se sont rassemblés à Nairobi. Nous partageons une importante cause commune avec les signataires de la Convention d’Ottawa, abordant la crise humanitaire causée par des mines terrestres dangereuses laissées dans le sol, et aidant les victimes et leur société à se relever du conflit. Nous sommes convaincus que beaucoup plus pourrait être fait pour protéger les civils du monde pas seulement des mines antipersonnel persistantes, mais également des mines anti-véhicule persistantes et des mines non détectables. Les États-Unis recherchent à développer ses propres contributions passées et celles des autres à la lutte contre les mines, et à collaborer avec toutes les nations pour atteindre notre objectif d’un monde où les mines ne constituent plus une menace pour les civils.



(M. Bloomfield est le représentant spécial du président et secrétaire d’État pour la lutte contre les mines et le secrétaire d’État adjoint pour les Affaires politico-militaires.)
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