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2006-12-12

M. Gates présente les priorités stratégiques du ministère de la défense

Par David McKeeby Rédacteur de l'USINFO

Washington - Si le problème irakien a dominé la séance de la commission sénatoriale des services armés consacrée à la confirmation de M. Robert Gates aux fonctions de ministre de la défense, ce dernier a aussi donné un aperçu de ses vues sur l'Afghanistan, l'Iran et la Corée du Nord.

Le 6 décembre, le Sénat a approuvé la nomination de M. Gates - qui assumera officiellement ses fonctions le 18 décembre - en remplacement de M. Donald Rumsfeld, le ministre de la défense des États-Unis depuis le début du gouvernement Bush, en 2001.

« La transformation du ministère de la défense pour mieux faire face aux défis du XXIe siècle, qui est l'une des priorités du président, doit se poursuivre », a dit M. Gates, ajoutant : « Ces défis sont multiples : la menace que représentent les réseaux terroristes, les armes de destruction massive entre les mains de régimes hostiles et de réseaux terroristes, les États pourvus d'armes sophistiquées. »

Afghanistan : la nécessité de l'aide à la sécurité et au développement

En réponse aux questions des membres de la commission, M. Gates a indiqué que l'Afghanistan, un pays qui faisait l'objet de beaucoup d'attention lorsqu'il travaillait à la CIA dans les années 1980, figurerait aux côtés de l'Irak en tant que questions prioritaires du Pentagone.

« Le combat, en Afghanistan, vise à bloquer la réapparition du régime taliban, mais aussi à aider le pays à élaborer une démocratie modérée, stable et représentative et à devenir un partenaire dans la lutte mondiale contre le terrorisme », a-t-il expliqué.

M. Gates considère que le rôle croissant que joue la Force internationale d'aide à la sécurité en Afghanistan, placée sous l'égide de l'OTAN, est un développement positif, mais la résurgence des forces talibanes, dans certains régions du sud du pays, montre selon lui que Kaboul a toujours besoin d'aide pour bâtir une armée et une force de police nationales.

À l'instar du secrétaire général de l'OTAN. M. Jaap de Hoop Scheffer, et du premier commandant de l'alliance militaire, le général des Marines James Jones, M. Gates pense qu'à elle seule une force militaire ne peut sauver l'Afghanistan.

Les États-Unis et leurs alliés, a-t-il fait observer, doivent aider le gouvernement afghan « à étendre la primauté du droit jusque dans les régions isolées ; offrir des programmes de développement économique qui donneront à la population des solutions de remplacement à la production d'opium et à l'acceptation du retour des talibans ; et maîtriser la corruption afin de garantir l'établissement d'un État stable appuyé par le peuple ».

Iran : la diplomatie est préférable à la force militaire

De l'avis de M. Gates, la diplomatie est préférable à la possibilité d'une action militaire contre l'Iran, éventualité qui ne devrait être considérée qu'en « tout dernier ressort » pour faire cesser les programmes d'armement nucléaire clandestins de ce pays.

La diplomatie ne relève pas des fonctions du nouveau ministre de la défense qui a affirmé appuyer l'idée du département d'État relative à un engagement diplomatique avec l'Iran en contrepartie de l'abandon de ses activités visant l'enrichissement de l'uranium.

« Même durant les jours les plus graves de la guerre froide, les États-Unis ont maintenu le dialogue avec l'Union soviétique et la Chine, et je pense que ces voies de communication nous ont aidés à gérer des situations potentiellement délicates », a souligné M. Gates.

Il a aussi fait valoir que si son rôle est d'offrir des conseils, c'est au président qu'il appartient en définitive de décider des changements futurs à apporter à la politique américaine, politique que Téhéran continue à compliquer en poursuivant sa quête d'armes nucléaires et en appuyant le terrorisme au Liban, en Irak et ailleurs.

Corée du Nord : des alliances nécessaires à la stabilité régionale

À propos de la Corée du Nord, M. Gates s'est déclaré en faveur des pourparlers de paix engagés entre la Corée du Nord, la Corée du Sud, la Chine, le Japon, la Russie et les États-Unis qui, a annoncé la Maison-Blanche le 11 décembre, doivent reprendre le 18 décembre à Pékin. Il s'est engagé par ailleurs à travailler en étroite collaboration avec les pays alliés pour aider à maintenir la paix et la stabilité dans la région.

« Le véritable pilier de notre force de dissuasion, c'est la force et la viabilité de nos alliances », a rappelé M. Gates.

C'est sur de tels parteneriats militaires que repose la transformation continue de la présence militaire des États-Unis en Asie, les États-Unis se livrant à une consolidation et à un déplacement des bases militaires afin de tirer le meilleur parti possible des nouvelles techniques pour réduire les coûts et améliorer la marge d'action des commandants au plan stratégique.

De solides relations entre les militaires des États-Unis et ceux d'Asie, en particulier du Japon et de la Corée du Sud, a dit M. Gates, renforcent la diplomatie régionale par la dissuasion et envoie un message clair à Pyongyang montrant que les États-Unis se tiennent aux côtés de leurs alliés régionaux contre l'agression ou les activités portant sur le trafic d'armes de destruction massive.

Ces alliances, a fait valoir M. Gates, revêtent aussi une importance capitale pour ce qui est des efforts déployés en vue d'une collaboration avec la Chine afin de renforcer la sécurité régionale.

Se déclarant quelque peu préoccupé par la rapide modernisation militaire en Chine, M. Gates a aussi indiqué que l'intensification récente des efforts menés par la Chine pour décourager la prolifération, accroître la transparence et faciliter une solution diplomatique en ce qui concerne l'impasse à propos du nucléaire nord-coréen, indiquaient clairement que la Chine partageait l'espoir d'une stabilité régionale avec ses voisins.
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