Washington - Les crédits budgétaires que le président Bush a prévus au titre de la lutte contre le sida dans le monde pourraient, si le Congrès les vote, faire des programmes américains dans ce domaine les plus importants qui aient jamais été consacrés à une seule maladie.
Le coordonnateur de la lutte contre le sida dans le monde, M. Mark Dybul, a déclaré, le 9 février lors d'une conférence de presse tenue à Genève, que le nouveau projet de budget des États-Unis pour la lutte contre cette maladie, à savoir 5,4 milliards de dollars, ferait passer le financement de cette lutte dans le monde à 17,7 milliards sur une période de 5 ans, ce qui représentait une multiplication par six depuis 2001.
« Je pense que lorsqu'on écrira l'histoire de la santé dans le monde, cet engagement sera considéré comme l'une des mesures les plus importantes en faveur de la santé mondiale », a affirmé M. Dybul.
Toutefois, il ne s'agit pas simplement d'une question de financement. Certes, l'argent est important, mais il doit être utilisé à bon escient. Afin que leur contribution soit aussi efficace que possible, le plus rapidement possible, les États-Unis financent des programmes actuellement en cours dans d'autres pays, ce qui permet d'accroître leur portée et d'accélérer la fourniture de médicaments et de prestations aux populations touchées par la maladie. Les États-Unis apportent ainsi une aide financière à divers États, à des organisations non gouvernementales, à des organisations confessionnelles et à des associations locales.
« Ce ne sont pas des programmes américains, a-t-il fait remarquer. Ce sont des programmes africains, asiatiques, antillais ou latino-américains que nous finançons. Le président Bush a été très clair là-dessus. Nous fournissons des ressources et un soutien, mais c'est le pays bénéficiaire qui est responsable de la direction des programmes. Et c'est pour cela qu'ils sont couronnés de succès. »
En réponse à la question d'un journaliste sur l'utilisation de médicaments génériques et sur les restrictions religieuses qui entravaient la distribution de préservatifs, M. Dybul a indiqué qu'il existait 35 médicaments génériques, la plupart fabriqués en Inde à base de produits importés de Chine. Quant aux préservatifs, a-t-il dit, les États-Unis en ont fourni plus de 1,3 milliard durant les trois premières années du Plan d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR) dans le monde.
Il a par ailleurs souligné que l'action des États-Unis reposait sur des bases scientifiques solides. Il a expliqué que, dans toute épidémie généralisée du type de celle qui existait en Afrique subsaharienne, trois éléments devaient être réunis pour la prévention de la transmission sexuelle de la maladie : l'abstinence et le retardement des premiers rapports sexuels, la limitation du nombre de partenaires et l'utilisation correcte et régulière de préservatifs.
Comme dans les autres domaines, ces programmes sont conçus par les pays intéressés, et non par les États-Unis, a-t-il souligné.
|