Embassy Seal US Department of State
flag graphic
    Article detail
2008-06-10

M. Bush cherche en Europe à renforcer les sanctions contre l'Iran

Par Merle Kellerhals Rédacteur

Washington - Lors du Sommet États-Unis-Union européenne qui a eu lieu en Slovénie, les participants se sont entendus sur une proposition visant à renforcer les sanctions contre l'Iran, notamment au niveau des activités de son secteur bancaire, afin de le forcer à limiter son programme nucléaire.

« Un groupe de pays peut envoyer un message clair aux Iraniens, et le voici : nous allons continuer de vous isoler (...) Nous concevrons de nouvelles sanctions si nécessaire, si vous continuez de faire la sourde oreille à la juste exigence du monde libre, qui vous demande de renoncer à votre programme d'enrichissement nucléaire », a déclaré M. Bush lors d'une conférence de presse organisée à l'issue du Sommet. « Il est temps de mettre en œuvre une diplomatie de fermeté. »

Dans une Déclaration commune adoptée le 10 juin à l'issue d'une réunion de trois heures au château de Brdo, en Slovénie, les participants exhortent l'Iran à respecter ses obligations internationales relatives à son programme nucléaire, notamment celles de suspendre complètement et de façon vérifiable ses activités d'enrichissement et de coopérer avec l'Agence internationale de l'énergie atomique.

Le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l'Union européenne, M. Javier Solana, va se rendre à Téhéran les 14 et 15 juin afin d'offrir à l'Iran de nouvelles mesures d'incitation proposées par la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, la Chine, la Russie et les États-Unis. Dans leur déclaration commune, les participants au Sommet affirment également qu'ils sont prêts à demander au Conseil de sécurité des Nations unies d'envisager des sanctions plus sévères contre l'Iran si ce dernier n'autorise pas l'inspection de toutes ses installations par l'Agence internationale de l'énergie atomique et s'il ne dresse pas un inventaire complet de ses programmes de développement d'armes nucléaires.

Il est également précisé dans cette déclaration commune que les pays vont prendre des mesures pour s'assurer que les banques iraniennes ne peuvent pas se servir du système bancaire international pour financer la prolifération des armements et le terrorisme. « Nous demandons au gouvernement de l'Iran de coopérer à la lutte contre le terrorisme », est-il affirmé dans ce document.

Les dirigeants européens et américains préconisent également dans ce document une double stratégie de mesures d'incitation et de menaces de sanctions économiques supplémentaires. Ils affirment toutefois qu'une solution négociée reste envisageable.

M. Bush a déclaré qu'il espérait laisser derrière lui un « cadre multilatéral pour régler ce dossier » lorsqu'il quitterait la Maison-Blanche en janvier prochain. Il a affirmé qu'on ne pouvait pas faire confiance à l'Iran en matière d'enrichissement de l'uranium.

« L'Iran doté d'une arme nucléaire serait incroyablement dangereux pour la paix mondiale. Nous allons donc continuer d'œuvrer de concert pour signifier aux Iraniens, on ne peut plus clairement, qu'ils ont un choix à faire. »

Passant au dossier du changement climatique, M. Bush a déclaré que la négociation d'un accord sur ce sujet durant sa présidence était envisageable. Il a toutefois souligné qu'aucune convention internationale ne serait efficace sans la participation des grandes économies en développement, notamment la Chine et l'Inde. Les membres du G8 doivent se réunir au Japon le mois prochain et devraient s'entendre sur les grandes lignes d'un accord acceptable.

Ce Sommet a été pour M. Bush la huitième et dernière occasion de se réunir avec les dirigeants des 27 pays membres de l'Union européenne. Il est arrivé en Slovénie au début d'une tournée européenne qui comprend des étapes à Berlin, à Rome, au Vatican, à Paris, à Londres et à Belfast. Il participera à la célébration du 60e anniversaire du Plan Marshall pour la reconstruction de l'Europe après la Deuxième Guerre mondiale et du pont aérien de Berlin à l'aube de la guerre froide.

À Paris, il participera à la Conférence internationale de soutien à l'Afghanistan.

La déclaration commune publiée à l'issue du Sommet États-Unis-Union européenne aborde également les sujets suivants :

• l'importance des réunions des pays voisins de l'Irak et des membres du Pacte international pour l'Irak,

• un engagement à long terme envers la stabilisation et le développement d'un Afghanistan démocratique,

• les progrès du Pakistan vers une transition démocratique durable,

• la poursuite d'une coopération constructive avec la Russie sur les grands dossiers régionaux et mondiaux. « Nous encourageons la Russie à respecter ses engagements internationaux dans les domaines des droits de l'homme et du développement démocratique, notamment vis-à-vis du Conseil de l'Europe et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. »

• le maintien des efforts déployés par l'Ukraine, la Géorgie et la Macédoine pour atteindre les normes et les objectifs de réforme nécessaires à leur éventuelle entrée dans l'Union européenne.

Durant le Sommet, le Conseil économique transatlantique, qui a été créé en 2007 afin de promouvoir la coopération dans des domaines tels que la réglementation et la comptabilité, a publié un rapport invitant ses membres à éliminer les barrières au commerce transatlantique ; à réformer et réduire les formalités administratives pour le secteur privé ; à atteindre un meilleur niveau de coopération en matière de réglementation ; à stimuler une plus grande intégration économique ; enfin, à améliorer la coopération en matière de réglementation entre la Commission européenne et le Bureau de la gestion et du budget des États-Unis.

Embassy of the United States