Par Charles W. Corey
Rédacteur du « Washington File »
Washington - Le moment est propice pour le développement économique en Afrique : c'est ce que souligneront les États-Unis lors du prochain forum annuel ayant trait à la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), a déclaré un haut responsable de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), M. Lloyd Pierson, lors de l'interview qu'il a accordée au « Washington File » le 24 mai.
Ce forum, qui est le cinquième à avoir lieu, se tiendra les 6 et 7 juin à Washington et aura pour thème le rôle du secteur privé et du commerce extérieur dans la croissance en Afrique.
« Il n'y aura pas cette année de grande nouvelle à annoncer comme l'an dernier (la création d'un quatrième centre du commerce de l'USAID à Dakar), a dit M. Pierson. Il s'agira plutôt d'examiner comment nous exécutons les programmes relatifs au développement économique et au commerce en Afrique. »
Les États-Unis considèrent que l'Afrique est une société agraire, a-t-il indiqué en ajoutant : « Je pense donc que nous allons examiner ce que nous pouvons faire pour accélérer les investissements et les échanges dans le secteur agricole africain » et pour contribuer à l'amélioration de la qualité des produits agricoles africains de manière à ce qu'ils soient conformes aux normes internationales.
Il est aussi très important, selon lui, que tout soit fait dans un esprit de coopération avec les pays africains.
Le second dossier que l'USAID compte aborder lors du forum, a-t-il précisé, est celui du coton en Afrique de l'Ouest, qui a fait l'objet de discussions très approfondies pendant la réunion de l'Organisation mondiale du commerce à Hongkong. Après cette réunion, l'USAID a participé au Bénin à des réunions très importantes sur ce sujet.
À propos de l'importance de ces forums, M. Pierson a déclaré qu'ils étaient extrêmement importants parce qu'ils permettaient de réunir des responsables américains et africains du secteur public, du secteur privé et de la société civile. En outre, de nombreux participants sont aussi les mêmes personnes qui assistent à d'autres réunions sur le développement économique, ce qui favorise l'entretien des rapports noués dans ce domaine.
Depuis l'entrée en vigueur de l'AGOA en 2000, les échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique ont augmenté de 115 %. Cette loi, a-t-il dit, est l'un des meilleurs textes législatifs que le Congrès ait votés et l'une des meilleures idées que le gouvernement des États-Unis mette en pratique. Elle a déjà donné de bons résultats, mais ceux-ci devraient être bien plus importants à l'avenir.
Grâce à cette loi, les pays africains accordent de plus en plus d'importance aux investissements étrangers, à l'adoption d'une politique économique judicieuse, qui doit s'accompagner d'un régime démocratique et d'une bonne gouvernance, car en l'absence de ces deux derniers éléments un pays aura de grandes difficultés à susciter le développement économique, a-t-il fait remarquer.
Il est prévu que quelque trente-cinq ministres africains du commerce et des finances, ainsi que des centaines de représentants du secteur privé et de la société civile, assistent au forum de Washington. La secrétaire d'État des États-Unis, Mme Condoleezza Rice, doit prononcer un discours à cette occasion.
La loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique prévoit l'entrée en franchise de douane aux États-Unis de 6.400 produits divers, notamment des textiles, en provenance des pays africains qui ont entrepris des réformes axées sur l'économie de marché. Votée par le Congrès en 2000, cette loi a été révisée à deux reprises depuis lors.
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