La déclaration du président Obama à l'ancien fort esclavagiste de Cape Coast
Ce lieu empreint de tristesse est aussi un lieu d'espoir, affirme le président.


(Début du texte)

La Maison-Blanche
Bureau du secrétaire de presse
Pour diffusion immédiate
Le 11 juillet 2009

Déclaration du président

au fort de Cape Coast

Cape Coast (Ghana)

Le président : Mon épouse Michelle, les enfants et d'autres membres de ma famille viennent de terminer avec moi une visite extraordinaire de ce fort. Ce château est évocateur de ma visite à Buchenwald car il nous rappelle la capacité qu'ont des êtres humains de commettre beaucoup de mal. L'un des faits les plus saisissants que j'ai appris est que juste au-dessus des cellules où on gardait les captifs de sexe masculin se dressait une église, et cela nous rappelle que parfois nous pouvons tolérer, voire cautionner, de graves méfaits tout en pensant que nous faisons le bien.

Je pense aussi qu'il était particulièrement important que Malia et Sasha, qui grandissent dans un temps si favorablement béni, sachent que l'histoire peut prendre des tournures très cruelles. On peut espérer que l'une des choses que leur a inspirées ce voyage est le sentiment de l'obligation qu'on a de combattre l'oppression et la cruauté où qu'elle se manifeste, et que tout groupe de personnes qui en avilit un autre doit être contré par tous les instruments dont on dispose.

Ainsi donc, c'est une expérience émouvante, un moment poignant. Nous voulons remercier ceux qui ont organisé cette visite, ainsi que le peuple ghanéen qui a préservé cette histoire. Aussi pénible qu'elle ait été, je crois qu'elle contribue à nous apprendre à tous que nous devons faire tout ce que nous pouvons pour lutter contre les maux qui malheureusement existent encore dans notre monde, pas seulement sur ce continent mais dans tous les coins du globe.

Et je pense qu'en tant qu'Américains, en tant qu'Afro-Américains, on a le sentiment particulier que, d'un côté, c'est un lieu de profonde tristesse mais que, d'un autre côté, c'est là qu'a débuté pour beaucoup la traversée, l'expérience afro-américaine. Symboliquement, le fait de pouvoir revenir ici avec ma famille, avec Michelle et nos enfants, et de voir le portail par lequel la diaspora a commencé, mais aussi le fait de pouvoir revenir célébrer avec le Ghana les progrès extraordinaires que nous avons accomplis grâce au courage de tant de Noirs et de Blancs pour abolir l'esclavage et finalement assurer les droits de l'homme à tous, je pense que c'est une source d'espoir. Cela nous rappelle qu'aussi triste l'histoire puisse-t-elle être, il est toujours possible de la surmonter.

(Fin du texte)